Les Furtifs, Alain Damasio

                On a beaucoup parlé de la sortie du dernier livre tant attendu d’Alain Damasio. De nombreuses interviews révélaient un auteur éminemment sympathique et développant des idées tout à fait séduisantes sur le monde d’aujourd’hui et de demain puisque l’action se passe en 2040. Tout cela laissait présager une lecture passionnante des Furtifs. Et, en effet, le sujet du roman est intéressant. Tishka, la fille de Lorca, a disparu. Lorca est séparé de sa femme Sahar. Elle, pense que leur fille est morte. Il croit en son retour. D’après lui, ce sont les Furtifs qui l’ont enlevée. Les Furtifs sont des créatures que l’on ne voit pas mais que l’on repère en captant les sons qu’ils produisent. Ils ont la particularité de se transformer en statue de céramique quand ils meurent. Lorca va donc devenir chasseur de Furtifs pour retrouver sa fille. Voilà pour l’intrigue. On vit dans un monde policé, hyperconnecté, sous surveillance constante. On est suivi grâce à une bague. Les capteurs et les drones sont partout. Dans les cafés, convivialité zéro. L’individu est isolé : il ne voit que l’écran qui est devant lui et n’entend que le son qui sort de son casque. Les villes sont aux mains de multinationales : Orange est propriétaire d’Orange, LVMH de Paris, Auchan de Lille, Warner de Cannes. Tout acte est enregistré et connu de tout le monde. Tout est sous contrôle.

                Tous les ingrédients sont là pour faire une bonne dystopie politique. Mais, pour une personne qui n’est pas familiarisée avec la littérature de fantasy ou de science-fiction, la chasse aux Furtifs devient vite fastidieuse. On a l’impression d’assister à un jeu vidéo qui n’en finit pas. La lecture fut laborieuse et abandonnée à la page 170. Dommage, car Alain Damasio nous offre de belles trouvailles dans des phrases d’une force et d’une vérité incroyables. A propos de nos certitudes : « ce qui brise la familiarité en nous, déconstruit nos certitudes et par là nous jette hors de nos égocentres vers l’inexploré ». Et, en cette veille de fête des pères : Papa !! « C’est fou la force de ce mot. C’est un coup de feu à bout portant avec une balle d’amour dans la bouche. Ça te dit que tu existes comme tu n’as jamais existé pour personne […] Plus jamais seul. »

                Ne pas décourager pour autant les amateurs de ce genre littéraire qui trouveront assurément un univers à la hauteur de leurs attentes.

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