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Le meurtre du commandeur. Tome 1 : Une idée apparaît. Tome 2 : La métaphore se déplace. Haruki Murakami

                Le narrateur est un peintre spécialisé dans les portraits. Sa femme vient de le quitter. Abasourdi par cette nouvelle, il s’enfuit aussitôt de chez lui, prend sa voiture et erre sur la route des journées entières, pendant un mois et demi. Las de ce vagabondage et voyant ses fonds diminuer. Il décide de retourner à Tokyo. Sans logement, il est hébergé par un ami dans l’habitation de son père qui vient de partir dans une maison de retraite. Il vit pas très loin de la capitale, au milieu des bois et en solitaire pendant de longs mois, donne des cours de dessin deux fois par semaine et connaît de brèves aventures avec deux de ses élèves qui sont des femmes mariées. Rien d’extraordinaire jusque-là.

                Pourtant, son monde va basculer en rencontrant des personnages mystérieux et un environnement qu’il ne peut maîtriser. Quel secret cache son propriétaire, le peintre Tomohiko Amada, qui, dans sa jeunesse, est revenu transformé, après un séjour à Vienne sous les nazis ? Nul ne sait ce qui s’est passé en Autriche. Mais, à son retour, il a délaissé la peinture occidentale moderne pour ne créer que des tableaux japonais de style « nihonga ». Pourquoi n’a-t-il gardé aucune de ses œuvres, si ce n’est Le meurtre du commandeur, bien emballé et caché dans le grenier ? Le narrateur le découvre et s’interroge sur la violence du sujet traité : Don Juan est en train de tuer le commandeur sous les yeux de sa fille, Donna Anna, que Don Juan avait séduite. La surprise de notre personnage ne fait qu’augmenter quand le commandeur sort du tableau pour s’incarner en un homme de soixante centimètres qui lui souffle des conseils pour améliorer ses peintures.

                A cette énigme vient s’ajouter celle de la clochette qui résonne toutes les nuits, à la même heure et que le héros trouve finalement abandonnée dans une fosse fermée par un monticule de pierres. Passage alors dans le paranormal quand Murakami évoque le « sokushinbutsu », pratique historique des bouddhistes. Certains moines s’auto momifiaient de leur vivant pour atteindre l’illumination. Les produits des arbres pour seule nourriture leur permettaient d’évacuer toutes les matières grasses. Puis, ils s’enfermaient dans une chambre de pierre, sous terre, avec un tuyau en bambou comme aération et une clochette qu’ils faisaient tinter pour attester de leur vie. Cette tradition est interdite aujourd’hui par la loi, mais peut-être certains en poursuivent-ils l’usage ?

                Une certaine méfiance s’installe chez le narrateur à propos de son voisin, Menshiki, qui parle peu de lui mais qui demande au peintre de faire son portrait contre une somme d’argent exorbitante, puis le portrait de Marié, une de ses élèves qu’il pense être sa fille. Marié est une adolescente bizarre… Mais ce n’est que le début de son histoire que l’auteur nous promet mouvementée. Rendez-vous dans le tome 2 où les métaphores prennent vie et éclairent les questions restées sans réponse dans le tome 1.

                Dans ce nouveau roman, le lecteur retrouve l’univers obsessionnel de Murakami. Tout se mêle : la réalité, le rêve, le quotidien, l’irrationnel. Où est la vérité ? Dans une phrase, le narrateur avoue : « Je finissais par ne plus distinguer ce qui était normal de ce qui ne l’était pas, ce qui était réel de ce qui ne l’était pas ». On est aussi dérouté que le personnage à cause de l’atmosphère de mystère et de malaise qu’entretient l’auteur. Il imagine, une nouvelle fois, un personnage solitaire quelque peu dépressif qui entreprend un voyage initiatique avec des épreuves à traverser et une arrivée laissant entrevoir une vie meilleure. La création artistique est au centre du récit puisqu’elle envahit la vie du narrateur qui est peintre et qui dialogue avec les personnages de ses tableaux. D’où la dimension fantastique récurrente dans l’œuvre de Murakami. Grand mélomane, l’auteur n’omet pas d’inviter la musique classique qui jalonne son livre avec Le chevalier à la rose, Don Giovanni ou La Bohème entre autres opéras. Toujours fidèle à son habitude, Murakami use et abuse de la prolepse en annonçant dans une phrase le chapitre suivant et maintient ainsi l’attention du lecteur qui se laisse prendre, même s’il ne comprend pas toujours le sens du roman, même si le rythme est parfois un peu lent et si les répétitions sont nombreuses.

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