Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb

                Reine vient de rompre avec Claude qui ne le supporte pas et qui jure de se venger. Peu de temps après, il rencontre Dominique à la terrasse d’un café et la demande en mariage. Surprise de Dominique qui, devant sa gentillesse, accepte finalement avec tout ce qu’il lui propose : la création d’une société et la vie à Paris. Claude semble plus amoureux que sa femme. Il souhaite vivement avoir un enfant dont il se désintéresse dès la naissance. Les parents ayant des noms épicènes (qui conviennent aussi bien à un homme qu’à une femme), ils trouvent tout à fait normal d’appeler leur fille Epicène. On reconnaît là le brin de folie qu’Amélie Nothomb aime à glisser dans ses romans. Epicène, au fil des années, voit grandir sa haine pour ce père qui la rejette.

                Amélie Nothomb arrive à donner une intensité dramatique à une situation en apparence ordinaire. Le lecteur se prend au jeu et se pose des questions tout au long des pages. Comment va se transformer la haine de la fille pour le père ? La mère va-t-elle réagir devant l’indifférence de son mari ? Que cache l’attitude incompréhensible du mari qui s’éloigne puis se rapproche de sa femme ? Rien pour nous mettre sur la voie. L’auteur, dans un style dépouillé, fait évoluer ses personnages avec une froideur et un détachement qui ne trahit aucune émotion. Il faudra attendre la fin de ce court roman, qui se lit d’une traite, pour comprendre qu’il s’agit du récit d’une vengeance de vingt ans et d’une manipulation qui témoigne de la cruauté des rapports humains.

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