Le pays sans nom. Déambulations avec Marguerite Duras, Anna Moï

                Ce sont seize courts textes où l’auteure reprend chaque fois un thème traité dans les romans de Marguerite Duras. Nous revisitons son œuvre, mais nous déambulons aussi de Hanoï à Saïgon en passant par Hoï An, Dalat et le delta du Mékong. Le dépaysement est assuré dès le début avec l’évocation des marchands ambulants et de leur palanche. Nous descendons la célèbre rue Catinat, plusieurs fois débaptisée, où les femmes se déplacent avec un masque, un chapeau et des gants jusqu’aux coudes pour préserver la blancheur de leur peau. Nous faisons une halte au passage Eden, où se trouvait l’Eden Cinéma qui accueillait la mère de Marguerite Duras, chargée de jouer du piano pour accompagner les films muets de l’époque. Nous croisons les culs-de-jatte qui mendiaient sur une planche à roulettes, non loin du mythique hôtel Continental et qui ont maintenant été chassés du centre-ville. Nous parcourons le marché de Cholon où l’on peut trouver une réduction d’os de tigre censée soigner les articulations douloureuses. Nous prenons les bacs sur le Mékong qui ont supplanté les ponts détruits par la guerre et qui sont de nouveau remplacés par des ponts en béton, le plus fameux étant celui où Marguerite Duras a rencontré l’amant quand elle se rendait à Sadec. On se nourrit de mangue verte accompagnée de piment et du « banh mi », le sandwich vietnamien devenu à la mode aujourd’hui en France. On va respirer l’air frais des montagnes à Dalat où les colons français avaient coutume de se rendre pour oublier quelque temps la moiteur du sud.

                Anna Moï, qui vit en Corrèze quand elle écrit ce récit, a tenté de s’installer au Vietnam avec son mari et ses enfants. Mais, comme la mère de Marguerite Duras qui ne cessait de construire un barrage contre le Pacifique, elle a dû abdiquer devant les inondations qui menaçaient de détruire sa maison qu’elle avait fait construire au bord du fleuve à Hoï An. Elle décrit le pays en citant des extraits de romans de Marguerite Duras qui soulignent leur expérience commune. Et, tout en partant sur les traces de l’écrivain, elle note les transformations qui ont touché son pays d’origine.

                Le pays sans nom est un petit livre sans prétention mais qui rappellera bien des souvenirs au lecteur passionné de Vietnam et de Marguerite Duras.

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