Bitna, sous le soleil de Séoul, J.M.G. Le Clézio

                Bitna, fille d’une famille pauvre de marchands de poissons, est obligée de vivre chez sa tante pour suivre des études supérieures à Séoul. Elle devient vite le souffre-douleur de sa cousine avec qui elle partage la chambre. Pour s’évader et devenir indépendante en gagnant un peu d’argent, elle répond à une annonce dans laquelle une jeune fille malade, Salomé, recherche une personne pour lui raconter des histoires.  Bitna devient donc conteuse et permet à Salomé d’oublier sa douleur en voyageant avec les pigeons de M. Cho qui survolent la ville et tentent de rejoindre la Corée du Nord, en partageant les messages que la chatte, Mlle Kitty, apporte à la coiffeuse pour mettre en relation les personnes seules et désespérées du quartier, en compatissant avec la chanteuse Nabi, abusée par des grandes personnes qui, pensait-elle, ne voulaient que son bien, en suivant les dragons que la petite Naomi, abandonnée et recueillie par une infirmière, voit partout.

                Le plus dur pour Salomé, c’est « partir en petits morceaux, chaque jour, quelque chose qui s’en va, qui s’efface ». Aussi, elle ne peut plus se passer de ces histoires fondées sur la réalité mais enjolivées. N’est-ce pas là le rôle de la littérature, aider à vivre et à mourir ? s’interroge Le Clézio. Les Mille et une Nuits n’avaient pas d’autre vocation. Tout tourne dans ce roman autour des livres et de la littérature.

                Mais Séoul tient aussi une place primordiale. Chaque jour, Bitna arpente cette métropole où les immeubles modernes côtoient les ruelles interlopes. Quand elle déménage, elle habite dans un appartement insalubre, en sous-sol, dans une de ces venelles. Séoul soumise à la saison des pluies qui lessive tout, même les humains. On sent l’attachement de Le Clézio à la capitale de la Corée du Sud où il a vécu et travaillé pendant un an. On retrouve son goût pour l’exotisme des mots étrangers qui foisonnent dans son texte. Il prend plaisir, par exemple, à énumérer les quartiers de la ville. Il porte beaucoup de tendresse à ses héroïnes qu’il admire dans leur combat quotidien et c’est toujours avec émotion et humanité qu’il met en scène le petit peuple qu’il affectionne.

                Encore une fois, J.M.G. Le Clézio nous fait voyager avec délicatesse et simplicité.

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