1Q84, Livre 2, Juillet-septembre, Haruki Murakami

                Les histoires d’Aomamé et de Tengo se poursuivent dans ce deuxième tome de 1Q84 sur des chemins toujours parallèles. Alors que Tsubasa, la protégée de la vieille dame a disparu, cette dernière, très abattue, confie à la justicière Aomamé une mission des plus dangereuses : celle de tuer le leader des « Précurseurs » qui a abusé de quatre fillettes dont Tsubasa et sa propre fille. Elle mène à bien sa tâche, mais, désormais, elle devra vivre cachée, changer de visage et peut-être mourir pour sauver la vie de Tengo, puisque tel est le pacte que lui a proposé, avant de mourir, sa victime qui n’est autre que le père de Fukaéri, la jeune auteure de La Chrysalide de l’air. Tengo, de son côté, accueille chez lui Fukaéri qui, après le succès de son livre cherche à éviter la presse et les curieux. Il refuse, méfiant, la subvention qu’un certain Ushikawa lui propose pour le roman qu’il est en train d’écrire. Le mari de sa maîtresse lui annonce qu’elle ne viendra plus le voir tous les vendredis, pour des raisons plus ou moins obscures. Il renoue avec son père soigné dans un centre où l’on garde les personnes atteintes de troubles cognitifs et obtient de lui un demi aveu sur son origine qu’il avait déjà entrevue : il n’est pas son père biologique.

                Tous ces événements bousculent l’existence des deux héros qui pressentent qu’une nouvelle vie s’offre à eux, où ils pourront peut-être se rencontrer, puisqu’ils découvrent, chacun de leur côté, que la poignée de main qu’ils ont échangée à l’âge de dix ans est à l’origine d’un amour indéfectible. Ils se cherchent, communient en contemplant les deux lunes qu’ils sont les seuls à voir et essaient de se débarrasser d’un passé traumatique pour se projeter dans un avenir plus épanouissant.

                Tout n’est pas clair dans ce deuxième tome de 1Q84. Murakami brouille les limites entre la fiction et le réel. Tengo lui-même s’interroge : « Comment une réalité imiterait-elle une métaphore ? » Il ne sait plus dans quel monde il vit. Les Little People, ces êtres maléfiques qu’a rencontrés Fukaéri, créent des doubles qui n’ont plus de réalité humaine. Aomamé est troublée quand elle se rend compte, en écoutant le leader des « Précurseurs », que le manichéisme n’existe pas. Il est coupable certes, mais sa personnalité est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. L’auteur semble s’amuser de ce flou qu’il fait régner dans une partie de son roman. Il fait dire en effet au père de Tengo : « Si tu as besoin qu’on t’explique pour comprendre, cela veut dire qu’aucune explication ne pourra jamais te faire comprendre. » Les deux récits qu’il met en abyme dans le livre ne nous éclairent pas davantage. Il insère une nouvelle fantastique, La ville des chats, désertée de tout humain et il nous dit simplement que c’est le lieu où le voyageur devait se perdre. Quant à La Chrysalide de l’air, elle nous renseigne sur la vie que Fukaéri a connue chez les « Précurseurs ». Cette communauté qu’elle appelle le « groupement » refuse le capitalisme et la société de consommation. Ses membres utilisent des vêtements et des appareils ménagers récupérés et se nourrissent des produits qu’ils cultivent. Mais le symbole de la chrysalide reste toujours mystérieux.

                Avec habileté, l’auteur relance l’intrigue à la fin de chaque chapitre et nous guide progressivement vers le troisième tome de sa série qui peut-être va nous ouvrir de nouveaux horizons.

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