1Q84, Livre 1 Avril-juin, Haruki Murakami

                Deux vies s’intercalent, chapitre après chapitre, dans ce roman. Celle d’Aomamé, jeune fille indépendante et sans tabous qui tue un homme parce qu’il a violenté sa femme. On découvre d’ailleurs plus tard que ce n’est pas sa première victime. Et Tengo, professeur de mathématiques à l’université, mais aussi écrivain qui a du mal à percer. Son éditeur lui demande de réécrire le livre d’une jeune romancière mystérieuse de 17 ans, Fukaeri, qui a une belle histoire mais pas de style. Voilà comment nous sont présentés les personnages au début du livre. Petit à petit, on en apprend un peu plus sur eux. Aomamé a fait des études de médecine sportive et d’arts martiaux. Elle a une âme de justicière et venge son amie qui s’est suicidée à la suite des maltraitances que lui faisait subir son mari. D’autres bourreaux lui seront dénoncées par une vieille dame à qui elle fait faire du sport et qui recueille les victimes de violences conjugales. Pour cela, elle met au point une technique particulière. Avec une aiguille très fine, elle transperce la nuque de l’homme fautif. Femme libérée, elle choisit ses partenaires d’un soir dans les bars. Mais elle a, en outre, la particularité de voir deux lunes dans le ciel. Aomamé note d’autres bizarreries dans son environnement, notamment que des événements sont sortis de sa conscience. Est-ce qu’elle perd la tête ou bien existe-t-il un monde parallèle ? Elle opte pour la deuxième solution et donne un nom à ce monde :  ce sera 1Q84, en référence bien sûr au roman de George Orwell, « 1984 ». Tengo, lui, a été traumatisé dans son enfance, après avoir assisté à une scène érotique entre sa mère et son amant. Il a connu une autre épreuve : celle de suivre son père dans son travail qui consistait à collecter les redevances. Il voit le roman qu’il a réécrit, La Chrysalide de l’air, obtenir le prix des nouveaux auteurs. Fukaeri reste insensible à cette récompense. Il faut dire qu’elle aussi traîne un lourd passé. Elle a du mal à s’exprimer à la suite d ’un viol commis dans la communauté à laquelle appartiennent ses parents et qu’ils l’ont obligée à fuir. Cette communauté, appelée « Les Précurseurs », était au départ agricole et révolutionnaire, puis elle s’est transformée en secte. Pourquoi ? Pourquoi n’a-t-on pas de nouvelles des parents de Fukaeri depuis sept ans ? Qui sont les « Little People » ? Ce groupe semble être devenu dangereux, d’autant plus qu’une autre petite fille de dix ans, recueillie par la vieille dame, s’est enfuie de chez les Précurseurs, l’utérus à jamais stérile après avoir été violée.

                Haruki Murakami mène une intrigue originale et complexe proche de la science-fiction ou du fantastique que l’on a hâte de voir démêlée dans les tomes 2 et 3 de la série. Il nous introduit dans le monde musical en évoquant de nombreux morceaux de musique et notamment, la désormais célèbre Sinfonietta de Leos Janacek. L’atmosphère du récit s’intensifie aussi grâce aux références à ses auteurs préférés comme Tchékov dont il nous gratifie d’un large extrait de L’Ile de Sakhaline. On terminera par une citation de Murakami, toujours en questionnement sur le métier d’écrivain : « Le romancier n’est pas quelqu’un qui résout les problèmes. C’est quelqu’un qui pose les questions. »

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