Le cœur régulier, Olivier Adam

                Sarah a une vie bien rangée, un travail, une maison, un « si gentil mari » et deux enfants qui ne posent pas de problèmes particuliers. Elle a aussi un frère, Nathan, un être tourmenté avec qui elle entretient des rapports privilégiés et qui vient de temps en temps bousculer ses certitudes de petite bourgeoise. Quand il meurt dans un accident de voiture, elle s’interroge à la fois sur son frère et sur elle-même. Cette mort est-elle vraiment accidentelle ou est-ce un suicide ? A-t-elle été suffisamment à l’écoute quand il venait chercher du réconfort chez elle ?

                Elle décide de quitter sa famille pour partir sur ses traces, au Japon, d’où il est revenu métamorphosé. Elle s’installe dans la station balnéaire où il avait séjourné et y trouve un certain apaisement auprès de sa logeuse qui est aux petits soins, du propriétaire du distributeur de boissons qui l’accepte avec ses humeurs et son passé trop lourd et surtout auprès de Natsume Dombori qui avait accueilli son frère. Natsume Dombori est un homme curieux. Policier à la retraite, il a décidé de sauver les candidats au suicide, prêts à se jeter dans l’océan, du haut d’une falaise. La tâche est quotidienne et Natsume explique le désespoir de ces malheureux par « la violence morale qui s’exerçait à l’école, au travail, dans le couple. L’usure et les humiliations, la pression sociale, le culte du rendement, du gagnant, du vainqueur, le cynisme et l’exclusion. » Il les recueille chez lui, pendant le temps de leur convalescence. C’est dans cette situation qu’il a rencontré Nathan, puis Sarah, elle aussi tentée par le grand saut. Elle rencontre, chez lui, des personnes plus désespérées qu’elle : Midori qui a perdu une petite fille de deux ans, Haruki, sombre et mutique, qui passe son temps à dessiner mais qui a aussi tué ses parents. Partie à la recherche du passé de son frère, c’est elle-même que Sarah va trouver grâce à des rencontres bienveillantes et tolérantes, dans un cadre où la nature est généreuse et accueillante. Il va falloir maintenant mettre de l’ordre dans sa vie.

                Dans Le cœur régulier, on retrouve les thèmes chers à Olivier Adam. D’abord, la difficulté de vivre. Le sage Natsume répond à un personnage qui lui demande si la vie a un sens : « non, il n’y a pas de sens, il y a juste la vie et il faut la vivre. Comme une plante vit. Comme un animal vit. Inspirer, expirer. C’est tout. » Ensuite, le refus de se laisser engloutir dans la société de consommation qui anéantit les plus faibles. Et puis, le côté sombre de l’auteur est toujours présent avec les deuils, les séparations de ceux qui s’aiment, l’éloignement des enfants qui grandissent. Olivier Adam nous livre encore une fois un roman grave. Avec toutefois le raffinement du Japon qui vient apporter un peu de légèreté et l’espoir final d’un nouveau départ dans la vie de Sarah.

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