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Archives pour décembre 2016

De l’âme, François Cheng

                Dans cet ouvrage, François Cheng répond en sept lettres à une mystérieuse correspondante, « étonnamment belle », rencontrée trente ans plus tôt dans le métro, puis perdue de vue, puis retrouvée. A son injonction : « Parlez-moi de l’âme », l’écrivain philosophe remarque que, de nos jours, on ne parle plus de l’âme qui est devenue « un vocable désuet » et qu’on risque de paraître « ringard », en lui consacrant cent cinquante pages. Il va pourtant tenter de répondre en la définissant par rapport au corps et à l’esprit.

                Le corps, avec ses organes, est indispensable au fonctionnement de la vie. Le rôle de l’esprit est central car il régit le domaine du savoir et de l’organisation sociale. Mais, l’âme est essentielle car elle est le siège des sentiments, de la sensibilité (émotion, affects, amour). Elle constitue la part la plus intime de chacun. Quand l’âme humaine entre en résonnance avec l’âme universelle, on atteint la création artistique. Elle est en communion avec une certaine transcendance. L’esprit et l’âme sont intimement liés, mais François Cheng déplore que l’esprit soit trop souvent mis en avant dans notre société. Il fait remarquer à son amie que l’art élève l’âme et il donne des exemples de tableaux, de poèmes, de morceaux de musique qui ne peuvent laisser insensibles. Il fait part de son émotion devant certaines œuvres ou même devant la beauté d’un paysage. Il va même plus loin et il affirme que si l’on sait partir à la découverte des trésors de l’âme, on pourra supporter la noirceur du monde. « Les chercheurs du vrai et du beau savent que sur la Voie, la souffrance est un passage obligé par lequel on peut atteindre la lumière. »

                Encore une fois, en redonnant à l’âme la place qui lui est due, François Cheng rend hommage à la beauté de la vie. C’est le philosophe qui parle dans ces lettres où il développe ses arguments. Mais, le poète ne peut s’empêcher d’intervenir dans le texte lui-même ou dans les petits poèmes qui parsèment les lettres et qui résument l’art de vivre qu’il veut nous faire partager.

A bout de soif,
Une gorgée d’eau ;
Toute mort est vie :
Désert-oasis.

Un iris
Et tout le créé justifié
Un regard
Et justifiée toute la vie.

Les Indiens, voix multiples, Arundhati Virmani

                A travers des témoignages d’Indiens d’aujourd’hui, on appréhende un peu mieux ce qu’est réellement l’Inde contemporaine, loin de tous les clichés. L’Inde affiche des réalités multiples qui vont de l’ascétisme des fakirs à l’érotisme des sculptures. Les traditions sont toujours très prégnantes dans la vie de tous les jours et elles cohabitent avec les technologies de l’information et de la communication dont le temple se trouve à Bangalore, véritable Silicon Valley indienne. Les castes existent toujours et s’apparentent à la hiérarchie traditionnelle : tout en haut se trouvent les prêtres (brahmanes), puis les guerriers, les commerçants, les travailleurs et enfin, tout en bas, les intouchables. Même s’ils se traitent parfois sur internet, les mariages sont toujours arrangés et se font à l’intérieur d’une même caste. Le quotidien est fait de rituels et de prières. Souvent la femme reste au foyer et elle a bien du mal à acquérir sa liberté, face à un état d’esprit encore réactionnaire. Le conservatisme et la bien-pensance sont très ancrés dans la société. Et quand la jeunesse essaie d’imposer de nouvelles manifestations occidentales, comme la fête de la Saint Valentin par exemple, c’est ressenti comme un affront à la culture indienne.

                L’Inde est une terre de spiritualité où coexistent différentes religions. L’hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme, le sikhisme sont les principales. La non-violence gandhienne inspire encore quelques mouvements revendicatifs, mais les violences de tous ordres sont omniprésentes dans l’histoire indienne : communautaires, ethniques, politiques, domestiques, sexuelles. Les tensions religieuses sont fréquentes entre hindous et musulmans et la violence faite aux femmes fait la une de l’actualité. Il est vrai qu’aujourd’hui, cette brutalité est plus visible grâce à internet. Si le sport est peu représenté, le pays se distingue dans le domaine des arts. On connaît le succès des films bollywood et on commence à voir une percée de la peinture indienne, souvent engagée, qui mêle héritage et actualité. Le thé au gingembre et à la cardamone, le chai, boisson nationale est apprécié des touristes et des étrangers et l’Inde en est un des plus gros exportateurs du monde après la Chine.

                Mais, à côté de ce dynamisme, l’Inde reste le pays des inégalités, surtout en ce qui concerne la santé et l’éducation. La pauvreté et la malnutrition touchent un tiers de la population, même si la croissance tourne autour de 5 à 6 %. Pourtant, l’Inde fascine par sa diversité des religions, des langues, des cuisines et des paysages.



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