La lionne blanche, Henning Mankell

                Le célèbre détective, Kurt Wallander, enquête sur le meurtre d’une femme qui, avec son mari, tient une agence immobilière et vient d’être retrouvée une balle dans la tête, près d’une ferme abandonnée où elle n’avait rien à faire. Le commissaire finit par conclure que cette méthodiste sans problème se trouvait là au mauvais moment. Pourtant, cette mort va entraîner Wallander sur la piste d’une affaire beaucoup plus complexe qui implique de dangereux tueurs russes et sud-africains. Le voilà donc lancé dans une traque sans merci où il risque sa vie mais surtout celle de sa fille, Linda. Fou de douleur lorsque celle-ci est kidnappée, il délaisse l’enquête officielle et cache des éléments essentiels à ses collègues et supérieurs, pour partir, en loup solitaire, à la poursuite de ces malfaiteurs qui sont en train de mettre en place l’assassinat d’une haute personnalité de l’Etat, en Afrique du Sud. Bien sûr, Wallander, résoudra l’énigme, après de nombreux rebondissements et après avoir mis à jour des failles dans le travail de la police, ce qui le met hors de lui. Pourtant, si la gloire l’attend au dénouement, il ne sortira pas indemne de cette nouvelle aventure qui l’a fragilisé et questionné sur le sens de la vie et de son métier.

                Encore une fois, Mankell nous tient en haleine avec ce thriller où les coups de théâtre abondent. Et comment ne pas être en empathie avec son commissaire bougonnant mais qui hait l’injustice et qui va jusqu’au bout de ses convictions, en bousculant parfois le code de déontologie. Profondément humain, il attire l’indulgence du lecteur pour ses nombreux défauts. Mais, ce livre lui sert de prétexte aussi pour évoquer l’histoire récente de l’Afrique du Sud, après l’Apartheid, sous la présidence de Frederik De Klerk et la montée en puissance de Nelson Mandela. Il décrit un pays proche de l’explosion, avec les Boers qui se battent pour garder leurs privilèges et les Noirs qui commencent à se révolter contre la servitude et l’humiliation. A ce moment-là, l’Afrique est à l’image de la lionne blanche, dans le calme relatif qui précède l’attaque fatale. Au centre du roman, il faut noter une scène importante où le commissaire se trouve en face du tueur à gage. Il prend alors conscience de l’origine de la violence de la population noire d’Afrique du Sud et même s’il n’excuse pas les meurtres commis sans état d’âme par son interlocuteur, il comprend comment le mépris, la soumission, la pauvreté et la misère ont provoqué cette haine incommensurable pour les Blancs et leurs alliés. Henning Mankell avait une affection particulière pour l’Afrique. Il vivait entre le Mozambique et la Suède et c’était un romancier mais aussi un homme engagé dans la vie.

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