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Archives pour septembre 2016

Le grand jeu, Céline Ménard

                 Amateurs de CO2 s’abstenir ! L’héroïne de ce roman va chercher la paix en pleine montagne et nous propose une plongée dans la nature au milieu des arbres, des roches et des petits oiseaux. Sur un éperon rocheux, à 3400 mètres d’altitude, elle se fait construire un caisson qui fonctionne en autonomie avec des panneaux voltaïques, des leds, une plaque de cuisson, une bibliothèque et même un violoncelle. Elle fait l’apprentissage de la solitude et part à la découverte de son environnement, en grimpant sur les sommets, en dévalant les pierriers, en escaladant les parois abruptes. Elle croise des marmottes, des isards, des carabes ou des crapauds. Quand elle ne part pas en randonnée, elle occupe ses journées à couper du bois, pêcher la truite, cultiver son jardin, lire ou faire de la musique. Petit à petit, elle apprivoise ce monde hostile, car la vie dans la montagne n’est pas un long fleuve tranquille, surtout quand les éléments se déchaînent. A vivre dans la nature, les sens sont aiguisés et les plus infimes détails se dévoilent. Cette solitaire arrive à ressentir l’énergie des forces cosmiques et apprend à être à l’écoute de son corps. Elle « cherche à savoir si on peut vivre hors-jeu », pour obtenir la paix. Elle essaie de mieux se connaître et en conclut que « l’identité n’est pas un état mais une activité ».

                Même si elle connaît des moments de doute sur le bien-fondé de cette retraite, elle s’accommode de cette vie et elle poursuit son expérience, jusqu’au jour où elle aperçoit une boule de laine assise sur un banc qui agite de maigres bras. Cette forme, qui n’est autre qu’une nonne, déplace ses cairns, utilise ses outils, trouble le silence avec des bruits de gong. Elle dérange son ordre, menace sa solitude et notre héroïne a du mal à accepter cette intrusion. Des deux côtés d’ailleurs, il y aura des manifestations de colère et des tentatives d’intimidation. Pourtant, même si la narratrice est perturbée par cette présence humaine, elle ne peut se résoudre à l’ignorer et à empêcher qu’une relation se tisse entre elles deux, à grand renfort de rhum. Et c’est à deux qu’elles vont poursuivre leur ascèse, en se lançant des défis qui posent des questions existentielles. Est-ce un jeu, un moyen de se dépasser, une idiotie ? La dernière phrase du roman montre qu’il n’y a aucun doute pour Céline Minard : « Comment pourrait-il accueillir le monde celui qui ne se mise pas lui-même ? »



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