Archives pour avril 2016

Penser/classer, Georges Pérec

                Comment classer ce livre ? C’est un recueil d’articles écrits dans différents journaux où Georges Pérec, qui déplore que « l’écriture contemporaine, à de rares exceptions (Butor) a oublié l’art d’énumérer », liste toutes sortes de choses, en se demandant si le classement permet de clarifier sa pensée.

               Il commence par trier les livres qu’il écrit en quatre catégories : « le monde qui m’entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction ». Mais il reconnaît que les quatre genres se mêlent parfois. L’inventaire des objets qui encombrent sa table de travail permet de mieux cerner le propriétaire. Puis, il réfléchit sur l’art et la manière de ranger les livres dans une bibliothèque. Deux conceptions s’affrontent : le rangement rigoureux ou l’anarchie, mais aucun des classements n’est satisfaisant, car le premier oppose sa froideur à la bonhommie du second. En fait, une bibliothèque est faite pour être utilisée, ce qui ne permet ni la perfection, ni un total désordre. Douze regards obliques sur la mode lui permettent de dénoncer l’absurdité des marques et la vanité de la mode dans notre société mercantile : « Violence de la conformité, de l’adhérence aux modèles, violence du consensus social et des mépris qu’il dissimule ». Tout le monde est habillé de la même façon et la mondialisation a tué le dépaysement. L’énumération des titres, légendes et mots-clés du livre d’histoire, « Malet-Isaac », que des générations d’adolescents ont eu entre leurs mains, est un bon résumé de ce qui doit rester dans le souvenir d’un lycéen, une fois qu’il n’est plus scolarisé. De là, Pérec passe sans transition aux recettes de cuisine pour débutants où il décline la sole, le lapin et le ris de veau à toutes les sauces.

               Voilà quelques-uns des exemples que Pérec a retenus pour illustrer ses considérations sur le classement. En conclusion, il reconnaît la difficulté de classer. L’ordre, comme celui de l’alphabet est souvent arbitraire. Tout ne rentre pas dans une catégorie et de toute façon, on ne pourra jamais atteindre à l’exhaustivité. Curieux déballage que ce récit qui est pourtant bien dans l’esprit de l’Oulipo. Le style clair et précis suit la logique de la pensée que l’auteur pousse parfois jusqu’à l’absurde.

Le charme discret de l’intestin. Tout sur un organe mal aimé, Giulia Enders

               Ce qui frappe avant tout à la lecture de ce livre de vulgarisation sur le rôle de l’intestin, c’est le style imagé qui personnifie tous les organes et qui donne vie à tout ce monde intérieur. L’intestin dépose le bilan. Les organes dialoguent et forment un travail d’équipe qui resserrent les liens entre eux. La salive procède à un arrosage automatique. Le système immunitaire est enthousiaste. L’œsophage se dandine, se trémousse en cadence et fait la ola avec ses équipiers, devant la danse des aliments. Les bactéries doivent courir une sorte de trail avant de faire leur travail.

               Giulia Enders, qui a connu des problèmes digestifs importants, a voulu faire des études de médecine pour les comprendre, se soigner, puis partager ses connaissances avec le public. Elle raconte en détails les études et les expériences médicales ainsi que les résultats et les soins qui en découlent. Les termes sont précis. Les démonstrations scientifiques peuvent paraître parfois un peu longues pour le béotien dans ce domaine. Mais l’auteur sait capter l’attention en évoquant, de façon simple et naturelle les bobos ou les désagréments de chacun d’entre nous. Et même si l’on n’a pas de pathologie particulière, tout le monde reconnaît, à un moment ou à un autre, un symptôme déjà éprouvé et pourra bénéficier d’un conseil donné à un malaise précis. Son regard vers d’autres civilisations ou des expériences tentées par des individus rend son récit vivant et plus accessible. Ainsi, comme les problèmes de santé sont souvent liés à l’alimentation, elle s’intéresse à la nourriture des Masaïs ou des Polynésiens, pour étayer sa thèse, ou bien à l’aventure expérimentale de Thor Heyerdahl sur son radeau.

               Elle essaie d’apporter des solutions aux problèmes que peuvent connaître les lecteurs. Pour cela, elle propose de suivre une médication prescrite par un médecin, si le problème est sérieux, car les médicaments sont parfois indispensables à la santé. Mais, elle fait appel aussi à notre bon sens et aux remèdes de grands-mères qui soulagent bien des maux. Une bonne hygiène de vie sans trop d’excès et une alimentation raisonnée nous éviteront de nombreux tourments. Attention aussi à la propreté à outrance, défaut de notre époque aseptisée, qui détruit les bonnes bactéries.

               Ce livre n’est pas un magazine de santé rébarbatif. Il a de réelles qualités littéraires. La vie de l’intestin est décrite comme un récit d’aventure que Giulia Enders raconte avec beaucoup d’humour, inventant des mots amusants comme les bactéries « patapouffantes », pour celles qui font grossir, mais aussi avec érudition, quand elle explique l’origine des expressions populaires auxquelles elle redonne du sens : c’est à vomir, avoir les foies, l’estomac noué. Et pour nous montrer que l’intestin a un rôle essentiel pour notre équilibre, elle a accompagné judicieusement son texte des dessins humoristiques et pédagogiques de sa sœur.

Deux étés, Erik Orsenna

                Gilles s’isole sur une île bretonne pour traduire le roman de Nabokov, Ada. Tâche difficile que de rendre la grâce du texte russe de cet écrivain nobélisable, exigeant et que la modestie n’étouffe pas. Devant son angoisse grandissante, une vieille dame, Madame de St Exupéry, constitue une équipe de traducteurs adjoints, témoignant ainsi de la solidarité des îliens et de leur bienveillance à l’égard des nouveaux-venus. La francophonie vient aussi à son secours. En effet, devant l’impatience de l’éditeur parisien, un radioamateur argentin, Jose Maria Fernandez, depuis l’île, contacte les Français du bout du monde pour traduire un passage particulièrement rétif.

                Ce livre est une réflexion sur le travail de la traduction qui torture et trahit le texte original. Mais, l’académicien rend aussi un bel hommage à la langue française. Il parle « de ses cadences, de ses échos, de sa retenue perpétuelle, de son amour impertinent pour l’abstraction, de cette grammaire si difficile à ébouriffer. » Tout ce qui peut l’enrichir est bienvenu, sans oublier les classiques qui ont tant fait pour elle et dont Erik Orsenna fait l’éloge : Montaigne, la Pléiade, les surréalistes, les Précieuses pas si ridicules que ça. Mais, notre écrivain, amoureux des belles lettres, n’en est pas moins un épicurien, et c’est autour d’un plat mijoté accompagné d’un bon verre de vin qu’ont lieu les discussions sur la langue.

                Autre personnage important du livre, la Bretagne qu’Erik Orsenna goûte particulièrement. Il invite, tout au long des  Deux étés, les goélands, les hortensias, nous fait participer à la fête de la mer avec différentes embarcations qui enchantent les étrangers. Les grandes marées avec la pêche aux coquillages ne sont pas oubliées, ainsi que les tempêtes, cette autre spécificité bretonne. Bien sûr, les îliens n’ont pas que des qualités et l’on a droit aux rivalités qui peuvent opposer une île au continent. Parfois, les esprits se ferment à l’ouverture, comme le recteur qui intervient pour mettre à l’index Nabokov et sa Lolita taxée d’ignominie. Mais on retiendra surtout de ces Deux étés la convivialité d’habitants isolés et la beauté sauvage des paysages tourmentés.

Péchés capitaux, Jim Harrison

                Inspecteur à la retraite, Sunderson a trois passions : l’alcool, le sexe et la pêche. Trois addictions qui sont à l’origine de son divorce d’avec Diana, la femme dont il est toujours amoureux. Elle lui confie pour mission d’aller récupérer, en France, leur fille adoptive, Mona, qui a fait une fugue avec son petit ami, un rocker qu’elle vient de rencontrer. A Paris, tout s’embrouille pour Sunderson. Il couche avec Mona et, pour se débarrasser du jeune homme, invente une histoire qui l’entraîne dans une affaire de chantage, pas très élogieuse pour un ancien policier, et une bagarre qui lui vaut l’hôpital avec un dos en capilotade.

                De retour aux Etats-Unis, il décide de s’isoler dans un bungalow, au fond des bois et proche d’une rivière à truites. Mais, rien n’est simple pour le convalescent qui n’est pas prêt de connaître la tranquillité. Il découvre que ses voisins, la famille Ames, sont des marginaux chez qui l’alcoolisme, l’inceste et le viol sont monnaie courante. Leurs maisons sont gardées par des enfants armés et des pitbulls prêts à dévorer les visiteurs un peu trop curieux. S’ils ne s’entretuent pas, ils meurent empoisonnés, victimes d’un serial killer. Sunderson va aider les enquêteurs officiels, d’autant plus facilement qu’il a des contacts avec deux membres de la famille : Monica, venue s’installer chez lui pour s’occuper de la maison et avec laquelle il entretient une relation agréable et Lemuel, un des fils Ames, qui a eu des problèmes avec la justice mais qui a un certain talent d’écrivain. Tous deux font preuve d’une sensibilité assez exceptionnelle dans ce milieu aussi sordide. Et pourtant, sont-ils tout à fait innocents ?

                Dans ce dernier roman, Jim Harrison, disparu dernièrement le 26 mars 2016, reporte sur son héros, toutes ses préoccupations et ses angoisses existentielles. Sunderson, qui se sent vieillir, se tourne vers la théologie pour trouver un sens à sa vie. Obsédé par les sept péchés capitaux, il fait sa propre analyse psychologique, pour savoir s’il les a commis. Son passé défile avec le souvenir de ses anciennes conquêtes et des enquêtes qu’il a menées durant sa carrière. Les pages de ce livre regorgent de violence et de sexe, laissant peu de place à l’évocation de la nature et aux paysages grandioses auxquels Jim Harrison nous avait habitués. Beaucoup de dispersions font de ce texte un roman décousu qui n’a ni la saveur de Dalva ni celle des Légendes d’automne.

Apaisement, Journal VII 1997-2003, Charles Juliet

                A l’approche de ses quatre-vingts ans, Charles Juliet arrive-t-il à trouver l’apaisement comme le suggère le septième tome de son journal ? Au début du livre, il est question de mélancolie, de « cafard des jours d’été », de fatigue, de doute, de découragement, de déception. Ce spleen est en fait constant dans les notes quotidiennes de Charles Juliet. Profondément marqué par une enfance douloureuse où il doit quitter ses parents pour une famille d’accueil dans un milieu rural, il revient sans cesse sur son adolescence décrite dans son célèbre roman L’Année de l’éveil qui raconte sa vie d’enfant de troupe à la discipline stricte et insupportable. Ce passé toujours présent et obsédant explique son empathie pour les « délaissés de la vie » et son attirance pour les paysans avec lesquels il aime partager un repas. Il évoque le destin particulier d’anonymes qui le touchent et les faits divers souvent morbides, signes d’une société malade, éveillent sa curiosité. Le suicide et l’enfance malheureuse reviennent comme des leitmotivs dans son journal. Il porte une grande attention aux reportages sur les massacres qui font l’actualité ou sur les documentaires qui racontent l’horreur des camps de concentration, n’hésitant pas à donner des détails à la limite du soutenable. Il note la barbarie des peuples qui ne s’achève jamais mais qui change seulement de visage. Il dit son écœurement pour la corruption qui touche tous les domaines : la politique, l’économie, le sport…Concerné par le mal-être des adolescents qui n’ont aucun repère, il intervient souvent dans les lycées pour parler de son œuvre, mais en sort atterré par la violence de ces jeunes et par leur attitude irrespectueuse envers les professeurs et la culture.

                Cet homme est quand même particulièrement attiré par la noirceur de l’existence. Et pourtant, Charles Juliet avoue son plaisir de vivre. Lectures, expositions, conférences sont ses nourritures journalières et vitales. Il a le goût des voyages et de la nature devant laquelle il s’émerveille. A l’écoute de ses lecteurs qui viennent faire dédicacer un livre, il fait preuve de bienveillance et d’humilité. Il a une passion particulière pour le rugby qui a ensoleillé son enfance et il n’oublie pas de rendre hommage à Lyon, la ville où il vit et qu’il aime. Mais, ce qui lui donne le plus de bonheur et qui l’a sauvé de la délinquance, c’est sans conteste l’écriture à laquelle il voue une véritable passion et qui lui apporte un « calme intérieur ». Ecrire, c’est un travail laborieux sur la langue pour trouver le mot juste, un moyen de se connaître en allant chercher le sacré au plus profond de soi, mais aussi « un besoin d’échapper à l’éphémère, de faire obstacle au temps, de repousser la mort. » Si le poète désespère parfois de l’humanité, il souligne sa chance de connaître une époque où les progrès scientifiques et techniques permettent de mieux vivre. Et surtout, il est certain que la culture peut sauver le monde : « La culture c’est la chance d’une vie plus intense, plus riche, plus vaste, et j’ai toujours pensé que ceux qui pouvaient s’abreuver à cette source étaient des favorisés du sort. »

                Charles Juliet a peut-être trouvé l’apaisement en ce qui concerne son travail d’écrivain et de poète, mais beaucoup de choses semblent encore le troubler et le perturber dans sa vie de tous les jours. Il n’a pas l’air d’avoir fait la paix avec son passé qui le hante dans chaque page de son journal. Pourtant, même si ces lignes sont souvent sombres, on prend plaisir à les lire, tant le style est épuré et poétique. Il lui arrive d’ailleurs d’insérer des vers inspirés par sa méditation du moment.

La longue attente de l’ange, Melania G. Mazzucco

                Melania G. Mazzucco raconte la vie du célèbre peintre vénitien du XVIème siècle, Le Tintoret. C’est lui qui parle et qui fait défiler sa vie, alors qu’il est à la veille de mourir. Il revoit la teinturerie de son père et ses couleurs qui lui ont donné l’envie de dessiner. Il décide de devenir peintre, mais connaît des difficultés pour percer dans ce milieu. Le Titien, qui a peur de la concurrence, refuse de le prendre comme élève. Le Tintoret doit donc se débrouiller tout seul en proposant ses oeuvres un peu partout et en commençant par vendre des masques, des costumes et des décors de carnaval. Puis, quand il devient célèbre, il réalise des tableaux pour la chapelle San Giorgio Maggiore (La Mise au tombeau) ou pour le Palais des Doges (La Bataille de Lépante ou Le Jugement dernier) qui seront d’ailleurs détruits lors d’un incendie.

                Ce roman dévoile le travail du peintre, depuis la genèse de ses toiles et la longue documentation qu’elles exigent, jusqu’à l’installation finale et minutieuse dans les divers monuments de la ville, en passant par la réalisation dans son atelier où il se terre la plupart de ses journées. Peintre exigeant et travailleur, Le Tintoret demande la même discipline à ses assistants. A son fils Marco, qui peint en dilettante et qui pense que son père ne fournit aucun effort, il réplique : « Il me semble que je trime dix-huit heures par jour à presque soixante ans […], que je dessine encore cent fois le même personnage, que j’étudie encore une statue que je connais depuis cinquante ans, parce que je ne me lasse pas de comprendre comment joue la musculature du dos et parce qu’on peut toujours mieux faire et s’améliorer. » La peinture est toute sa vie, elle est « obsession, possession, ensorcellement, disons le mot : amour. »

                Sa famille compte beaucoup pour lui et surtout Marietta, sa fille adorée et illégitime, fruit d’une relation avec une prostituée qui lui confie la garde de l’enfant. A cette époque une fille ne pouvant devenir peintre, elle se déguise en garçon pour devenir l’apprenti et l’élève de son père qu’elle vénère et avec qui elle partage une grande complicité. A dix-sept ans, elle éprouve le besoin de se féminiser. Connue comme artiste sous le nom de Tintorette, elle peint surtout des portraits, ce qui lui attire la reconnaissance de certains et même de la cour d’Espagne où on la réclame. Mais elle refuse ce privilège pour rester auprès de son père dont elle est l’« étincelle ». Elle se marie pourtant avec un bijoutier allemand, s’éloigne de son père qu’elle retrouve après avoir souffert d’une dépression à la suite de la mort de son enfant. C’est en effet, à ses côtés, dans la campagne, vers Mantoue, qu’elle s’éteint encore jeune. Pourtant, le plus fidèle et le meilleur assistant du Tintoret est son fils, Dominico, qui reste près de lui jusqu’à sa mort. Il perd un fils à l’âge de vingt-six ans, Zuane. Mais celui qui lui cause le plus de soucis, c’est Marco, le fils rebelle qui s’est opposé à lui toute sa vie, jusqu’à mettre le feu à l’atelier où son père dormait. « Je ne parviens pas à reconnaître le tort originel qui me vaut sa révolte », dit-il de lui. Le peintre agonisant évoque également ses trois filles légitimes envoyées au couvent, contre leur gré mais suivant la tradition de l’époque qui permettait ainsi de ne pas payer une dot. Et puis, il y a sa femme, Faustina, fille de son ami, beaucoup plus jeune que lui et qui sait se rendre indispensable jusqu’à ses derniers jours, même si leur vie de couple est souvent chaotique.

                Outre cette famille qui a beaucoup compté pour lui ainsi que les grands peintres qu’il admirait, Le Titien, mais aussi Véronèse et Michel-Ange, un autre personnage tient une place importante dans le roman : il s’agit de Venise. Des allusions à sa spécificité émaillent le texte : « l’Acqua alta » qui inonde ses rues, le carnaval qui l’anime chaque année, la fête du mariage de la ville avec la mer qui scelle cette union. Nous parcourons ses « calle », nous traversons ses « campi », nous traînons autour du Rialto et nous prenons part aux épisodes marquants qui ont touché la Sérénissime. La victoire de Lépante reste un bon souvenir, contrairement à l’incendie du Palais Ducal de 1577, qui détruisit deux tableaux du Tintoret et surtout, à l’épidémie de peste qui dévasta Venise, la vidant de ses habitants. On assiste à la course folle du Tintoret dans les rues désertes pour trouver l’antidote qui sauvera sa Marietta bien aimée atteinte par la maladie.

                La longue attente de l’ange est un récit foisonnant, à l’image de la vie du Tintoret et de celle de la Venise du XVIème siècle, riches en événements qui bouleversent une existence. Cette biographie romancée et bien documentée par une spécialiste de l’artiste, est soutenue par un style soigné et chatoyant qui traduit le mouvement de l’époque. L’auteur nous convie aussi à découvrir les nombreux tableaux évoqués, ce qui n’est pas le moindre avantage de ce livre.



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