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Archives pour février 2015

Plonger, Christophe Ono-dit-Biot

                César, journaliste-écrivain, raconte à son fils, Hector, son histoire avec sa mère, Paz. Il lui parle de la première fois où ils se sont vus, lors d’un vernissage où elle exposait ses œuvres. César tombe tout de suite amoureux de cette femme débordante de vie. « Elle était vive, gaie, énergique, avait mille projets. » Toutefois, leur rencontre repose sur un malentendu, car il fait une critique dithyrambique des photos de plage de Paz, mais celle-ci lui reproche de n’avoir rien compris. Pourtant, ils apprennent à se connaître au cours d’un séjour dans les Asturies, d’où Paz est originaire et ils décident de vivre ensemble.

                César retrace leur vie commune, pas toujours facile car les deux jeunes gens ont des caractères bien trempés et ont du mal à faire des concessions. Le principal écueil contre lequel ils vont se heurter consiste en une conception différente des voyages. Paz a soif de découvrir le monde et les pays lointains. César, lui, qui a pas mal bourlingué pour son travail de journaliste, n’aspire qu’à vivre dans une Europe tranquille où le danger semble éloigné. A l’étranger, il s’est frotté aux guerres et aux contrées en crise et il a envie maintenant de se poser. Pour lui, voyager est devenu trop dangereux et il déroule, comme une litanie, la liste des attentats terroristes avec leur nombre de morts. Lui-même a découvert sur place l’horreur du tsunami de 2004, en Thaïlande et il a été otage du Hezbollah au Liban. Autre sujet de discorde : le goût obsessionnel de Paz pour les requins. Non seulement elle a l’idée saugrenue d’adopter un requin-marteau, mais surtout, elle n’hésite pas à quitter son compagnon et son fils pour aller vivre sa passion, à l’autre bout du monde, quelque part en Arabie.

                Beaucoup de thèmes s’entremêlent dans ce roman de façon tout à fait naturelle et sans aucune lourdeur. Ce roman est d’abord une chronique du monde d’aujourd’hui. En arrière- plan, Christophe Ono-dit-Biot brosse la société du XXIème siècle avec ses difficultés économiques, un Occident en crise et des pays émergents qui prennent de plus en plus d’importance. César s’inquiète sur l’avenir du monde (« chaotique, instable, fissile ») et celui de son fils. « Que feras-tu plus tard ? Comment ce monde va-t-il évoluer ? Seras-tu assez armé ? Que vaudra la culture que j’essaie de te donner ? Que vaudra la beauté ? L’être humain ? Est-ce donc déjà fini ? » Le devenir de certaines professions comme le journalisme ou la photographie se pose quand on voit l’abondance des photos et des informations qui circulent sur le Net. L’écologie suscite des débats houleux, dans ce roman comme dans la société. Christophe Ono-dit-Biot sait nous faire partager l’enthousiasme de César pour ses découvertes et ses passions. Il apprend à aimer les Asturies, cette région sauvage du nord-ouest de l’Espagne, avec ses coutumes, les tapas et le cidre qu’on boit d’une bien curieuse façon, son histoire et le soulèvement des mineurs en 1934 réprimé par Franco, sa mythologie et ses légendes. « Gijón, pour moi, c’est ta mère, vibrante, tempétueuse, aquatique, ouverte sur la plus tonique des mers, la mer Cantabrique, venteuse, salée, rebelle à la carte postale. » Il nous fait part de son émerveillement devant les fonds marins. « C’est encore plus somptueux. Un univers zébré de couleurs, parcouru, traversé, ensemencé, picoré, colonisé par des images d’animaux silencieux. » Le monde de l’art est présent dans toutes les pages de ce livre où l’auteur rend hommage à Paris, toujours capitale culturelle. Le Louvre et Orsay sont des lieux où le héros aime se réfugier. L’auteur a la bonne idée d’insérer des photos des sculptures dont il fait la description comme l’Hermaphrodite endormi de Le Bernin qu’on a hâte d’aller rencontrer. Il est question de plusieurs artistes. Takashi Murakawi qui expose à Venise auprès du Boy with frog de Charles Ray. Josef Koudelka, le photographe des gitans. Martin Parr qui pense que tout a été fait en photo et qui revisite celles d’internet. Peter Beard, le photographe modèle qui met en scène la sauvagerie des hommes. De nombreuses références donnent une idée des goûts musicaux de notre époque. Et puis, César, qui ne se déplace jamais sans l’Iliade et l’Odyssée, raconte à son fils, qu’il a d’ailleurs appelé Hector, les légendes de la mythologie antique.

                Sur cette histoire riche en digressions, vient se greffer une enquête qui apporte un autre intérêt au texte : celle que mène le héros sur le départ et la mort de sa femme, avec l’argument de ne pas laisser son fils dans l’ignorance.

                Pour terminer, on peut remarquer la résonnance toute particulière que prend ce roman après les attentats de Charlie Hebdo et de Copenhague. L’auteur souligne en effet la dangerosité des pays lointains et l’apparente sécurité de l’Europe. Tiendrait-il le même discours s’il écrivait le livre aujourd’hui ? Et les propos de Paz sur les terroristes donnent le frisson, dans le contexte actuel : « Ils mettent de la peur dans ce monde en coton et le réveillent un peu. »

Journal d’un écrivain en pyjama, Dany Laferrière

                Ce livre est à la fois un livre de conseils pour un jeune écrivain mais c’est aussi un ensemble de réflexions sur l’écriture et la lecture. Ne jamais oublier de lire et relire les écrivains aimés. Revenir sans cesse vers leurs textes pour se pénétrer de leur style. Pour Dany Laferrière, c’est Borges, Tolstoï, Shakespeare et bien d’autres. Contrairement à Pennac qui invite le lecteur à sauter des pages si la lecture est difficile ou fastidieuse, il préconise la lenteur et même l’ennui devant les descriptions de paysages ou de sentiments de Tolstoï ou Balzac, car elles méritent toute notre attention. Il est vrai qu’un auteur d’aujourd’hui doit tenir compte de l’impatience du lecteur habitué à zapper devant les émissions de télévision ou sur les sites internet. Donc, il vaut mieux entrecouper les descriptions de réflexions ou leur préférer le monologue intérieur qui donne un avis plus subjectif. Attention aussi à l’imprécision des allusions scientifiques que Wikipédia, omniprésent dans la vie contemporaine, pourrait démentir. D’autre part, ne pas craindre le plagiat pour deux raisons. D’abord, parce qu’il est normal qu’un écrivain soit imprégné des livres de ses prédécesseurs qui font partie de sa vie. Ensuite, tous les sujets ont été traités en littérature et cela depuis Homère. Alors, il faut aller à contre-courant. « C’est la prérogative de l’artiste de casser les moules. » Dany Laferrière prend l’exemple de la littérature haïtienne qui parle du vaudou, fondamentalement ancré dans la culture de l’île. Elle ne peut pas s’en délester. Par contre, c’est le rôle de chaque créateur de le mettre en scène sous un nouvel angle.

                Pour apporter sa touche personnelle, le monde qui l’entoure est important. S’intéresser aux gens et pour cela, ne jamais se déplacer sans un carnet sur lequel on notera une attitude, un dialogue, un regard qui rendront un récit plus vivant. S’inspirer de son enfance, immense réservoir de sensations. « La mémoire est une banque où l’on fait constamment des emprunts et des dépôts. » Puiser des idées dans la famille, véritable microcosme où les passions se déchaînent. Ne pas hésiter à donner son avis qui vaut mieux que n’importe quelle citation ou métaphore. Et puis surtout, il y a le travail de l’écriture qui prend beaucoup de temps et qui exige de nombreux remaniements et simplifications. « Pour tout écrivain, il y a cette mer d’encre à traverser et cette musique à trouver. »Pourquoi ne pas prendre exemple aussi sur le cinéma ? Lui-même admire les scénarios de Woody Allen, d’Ettore Scola ou de Fellini et les prend pour modèle. Ne pas oublier que l’angoisse de la page blanche existe. Si l’on se trouve dans ce cas, ne pas insister et aller voir ailleurs. L’angoisse de la page mal écrite est bien réelle aussi, c’est celle qui a conduit Philip Roth à arrêter d’écrire. Pour éviter tous ces écueils, il ne faut pas bouder les plaisirs de la vie et Dany Laferrière, en bon épicurien, ne reste insensible ni à un verre de bon vin, ni à la compagnie des jeunes filles. Comme dans ses autres romans, Haïti est présent dans nombre de ses chroniques. Une nouvelle fois, il rend hommage à sa grand-mère qui l’a élevé et ces pages sont accompagnées de l’odeur du café qu’elle offrait aux passants depuis sa véranda.

                Journal d’un écrivain en pyjama est une œuvre très dense, à lire avec attention pour ne pas perdre une remarque intéressante. Doté d’une grande érudition, Dany Laferrière sait attirer l’attention du lecteur en ouvrant des fenêtres sur les auteurs classiques et contemporains qu’il donne envie de lire ou sur des sujets qui le poussent à aller se renseigner sur internet pour avoir de plus amples informations. C’est le cas, par exemple, lorsqu’il évoque le site de Nathalie Lenoir consacré aux photos d’écrivains face à leur machine à écrire. Après la lecture d’un tel livre, on a l’impression d’être plus intelligent. Certains de ces textes sont de purs moments de poésie comme lorsqu’il évoque le printemps au Canada, à Paris ou à Rome ou bien lorsqu’il décrit les déambulations d’un chat dans la maison. A propos des écrivains originaires du Tiers Monde, il remarque la « richesse du vocabulaire » et « l’élégance des phrases ». Dany Laferrière fait partie de ces écrivains-là.

Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud

                La première phrase, « Aujourd’hui, M’ma est encore vivante », nous renvoie à l’incipit de L’Etranger, « Aujourd’hui, maman est morte ». Et c’est bien du roman de Camus dont il s’agit dans Meursault, contre-enquête. Kamel Daoud invente l’histoire de l’Arabe tué par Meursault en donnant la parole à son frère imaginaire, vieillard accoudé à un bar qui raconte comment sa vie a été bouleversée par ce meurtre devenu célèbre. D’abord, il tient à sortir son frère de l’anonymat. Il s’appelle Moussa et non «l’Arabe», mot cité vingt-cinq fois dans le livre. Ensuite, il parle de sa famille désintégrée par la mort de Moussa. La mère s’est enfermée dans le souvenir destructeur de son fils aîné et le narrateur traîne comme un boulet le fantôme de ce frère qui l’a définitivement privé de l’amour maternel. Il n’accepte pas que le romancier ait donné aussi peu d’importance à Moussa. Non seulement il l’a dépossédé de son patronyme, mais il donne une tournure choquante au procès. Meursault est jugé pour son indifférence et non pour le meurtre d’un Algérien. Il ne lui reste que la vengeance qui se réalise lors de la période troublée de l’Indépendance, quand il tue un Français, simplement parce qu’il s’est présenté devant lui, au mauvais moment. Cette mort est aussi absurde que celle de son frère, même si elle lui permet de lui rendre justice.

               Cette idée originale et inattendue permet à Kamel Daoud d’aborder des thèmes plus sérieux et qui lui tiennent à cœur. Il y a d’abord l’Algérie qu’il traite avec amour mais aussi avec sévérité. L’histoire de ce pays, c’est l’époque coloniale avec sa misère, ses épidémies, ses famines qui déciment la campagne. Aucune indulgence pour les colons qui sont devenus « obèses après tant de récoltes volées » et qui abusent « par viols et violences répétées » de la terre algérienne. Ensuite, viennent les troubles de l’Indépendance où des actes de barbarie ont été commis des deux côtés. Après l’enthousiasme de l’Indépendance, commence le temps de la désillusion. L’auteur fait un constat accablant sur la physionomie de la ville qu’il habite où la saleté et la pauvreté s’imposent, mais aussi sur les mœurs et les idées dont il note une réelle régression. Ainsi, la condition de la femme n’est guère enviable de nos jours. A propos de Meriem, la seule femme dont le narrateur est tombé amoureux, on a droit à cette remarque sans appel : « Elle appartient à ce genre de femmes qui, aujourd’hui, a disparu dans ce pays : libre, conquérante, insoumise et vivant son corps comme un don, non comme un péché ou une honte. » Sa plume devient féroce quand il aborde les questions de religion. Il déteste les prières pleurnichardes du vendredi soir, les vociférations des imams appelant à la prière et l’hypocrisie de la liturgie avec ses prosternations et ses ablutions. Mais l’islam n’est pas le seul en cause. « J’ai en horreur les religions. Toutes ! Car elles faussent le poids du monde », dit-il. Pour lui, l’homme est le seul responsable de sa vie.

               Ce roman prend une résonnance particulière, au lendemain du massacre de Charlie Hebdo. Kamel Daoud clame sa liberté de pensée avec beaucoup de courage, surtout dans un pays qui lui semble de plus en plus intolérant. Il faut noter qu’une fatwa a été lancée contre lui pour ses propos considérés comme blasphématoires à l’encontre de l’islam. Espérons que ce livre, avec ses idées de bienveillance et d’ouverture d’esprit, obtiendra un écho positif. On peut parfois en douter avec l’auteur, qui met en scène un interlocuteur sourd et muet en face du narrateur qui raconte l’histoire. Mais, peut-être que la lecture et la connaissance permettront au monde d’évoluer dans le bon sens, comme l’apprentissage de la langue française et l’analyse littéraire ont permis au héros du roman de mieux comprendre la philosophie de Camus et son style. « Il écrit si bien que ses mots paraissent des pierres taillées par l’exactitude-même ». Cette phrase peut d’ailleurs s’appliquer à l’écriture de Kamel Daoud, à la fois virulente quand il défend ses convictions et empreinte de tendresse, quand le narrateur parle avec admiration de son frère.

Voyageur malgré lui, Min Tran Huy

                 Line, la narratrice, se trouve à New York pour son travail qui consiste à enregistrer des sons pour une agence de création sonore. Au cours d’une visite dans un musée, elle découvre l’existence d’un Français de la fin du XIXème siècle, Albert Dadas, qui souffrait de dromomanie. Elle se documente sur ce personnage et cette étrange maladie et s’aperçoit qu’il ne pouvait résistait aux pulsions le poussant à partir toujours ailleurs. Ses réflexions l’entraînent vers les voyages et les causes des départs de ces gens qui quittent leur pays pour aller vivre à l’étranger. Il y a ceux qui s’enfuient pour laisser derrière eux les horreurs de la guerre avec l’espoir de trouver un eldorado qui leur permettra d’améliorer le sort de leurs proches. C’est le cas de Samia, athlète somalienne, qui réalise son rêve de courir aux jeux olympiques de Pékin, en 2008. Même chose pour les boat-people vietnamiens qui, non seulement abandonnaient leur famille, mais prenaient un très grand risque en s’embarquant sur des rafiots de fortune. Ellis Island, passage obligé des candidats à la nationalité américaine, est le symbole de toutes ces vies de souffrance rêvant à un ailleurs plus souriant. Mais encore faut-il arriver dans cet exil prometteur car beaucoup d’entre eux étaient engloutis par la mer. D’autres, à l’arrivée, ont vite déchanté et ont été détruits par les difficultés éprouvées.

                Les recherches de Line la conduisent ensuite, tout naturellement, vers le destin de sa propre famille. Elle, la petite fille à la jeunesse française insouciante, fouille dans le passé de son père qu’elle adore et dont elle se sent si proche. Elle découvre alors qu’il a connu une histoire complètement différente de la sienne et qui est celle de nombreux Vietnamiens expatriés. Enfant de paysans, il vivait dans une ferme, en bordure des rizières, s’adonnant à d’autres jeux et à d’autres occupations. Et puis, la guerre est arrivée avec ses cruautés et ses douleurs. Il a vu mourir son père et son grand-père. Il a souffert d’une famille disloquée et de l’instabilité qui les obligeait à déménager. Il a subi la colonisation française, puis américaine, puis la dictature communiste avec son programme de réadaptation et ses camps de rééducation d’où l’on ne sortait pas indemnes. Contrairement à ses frères, le père de Line, par l’acharnement dont il a fait preuve au lycée de Saigon, a obtenu une bourse d’étude pour la France où, après une adaptation difficile à cause de la nourriture, du climat, des coutumes, il a fini par s’installer et se marier. Il est l’exemple-même de l’intégration réussie, car lui, le petit paysan vietnamien est devenu ingénieur dans une société d’informatique et un passionné d’art, à la retraite.

                En faisant le récit de ce père tant aimé, Line raconte l’histoire du Vietnam, pays plusieurs fois traumatisé et contraint à disperser ses habitants à travers le monde. Elle évoque aussi le problème de l’identité de ces enfants qui ont une double origine et dont l’un des pays leur est complètement inconnu et étranger.

                Ce roman, qui est avant tout un roman intime où l’auteur part à la recherche de ses origines, soulève beaucoup de questions et rend hommage d’une certaine façon à tous ces voyageurs malgré eux qui ne parcourent pas le monde pour le plaisir.

Le mas Théotime, Henri Bosco

                Pascal habite au mas Théotime, hérité d’un grand oncle, au milieu d’une nature provençale souvent assommée de chaleur. Il cultive la terre, aidé par une famille de métayers, et apprécie cet environnement sauvage, changeant au rythme des saisons. Son existence n’est pas toujours paisible avec le voisinage de son cousin, Clodius, qui voit d’un mauvais œil l’installation de son parent. Pour lui montrer qu’il n’est pas le bienvenu, il détourne l’eau, allume des incendies, modifie le bornage des chemins. Pascal finit par s’accommoder de ces actes de malveillance et tout pourrait continuer ainsi, comme dans beaucoup de hameaux où la convivialité n’est pas toujours la règle. Mais, la cousine de Pascal, Geneviève, avec laquelle il a entretenu des rapports troubles et compliqués, quand ils étaient enfants, et qui a eu une vie assez tourmentée, s’invite chez lui, pour essayer de trouver un peu d’apaisement. Les deux cousins tentent de s’apprivoiser et arrivent à éprouver l’un pour l’autre de l’affection, si ce n’est de l’amour. Pourtant, le passé de Geneviève la rattrape avec l’apparition d’un mari gênant et le crime de Clodius, dont on ne comprend pas les causes, vient perturber ce fragile équilibre.

                Ce roman est un hommage à la terre provençale à laquelle Henri Bosco est attaché et qui intervient tout au long de son œuvre. Nous partageons avec bonheur les moments où son héros communie avec les forêts, les bois, les champs et les ruisseaux ou quand, passant la nuit dehors, il se trouve au plus près des animaux sauvages et des centaines d’oiseaux et d’insectes qui peuplent sa propriété ou encore quand il s’adonne à sa passion des plantes en herborisant à travers prés. L’auteur salue aussi les paysans qui sont durs au labeur et qui portent un attachement charnel à la terre aride mais généreuse quand on sait la soigner. Si les querelles de voisinage et les tensions familiales existent, le sens de l’hospitalité n’est pas un vain mot à la campagne. Il poussera même Pascal à protéger un assassin. Cet univers pastoral est très bien rendu par Bosco qui sait aussi analyser de façon minutieuse les tourments de l’âme quand elle est prise au piège de l’amour. En témoignent les hésitations de Pascal sur ses sentiments pour sa cousine.

                Roman riche donc et étayé par une écriture classique, efficace et souvent poétique. Roman qui a un petit goût vieillot certes mais qui fait du bien en période de crise et de violence.



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