L’Amant de la Chine du nord, Marguerite Duras

                Marguerite Duras n’a pas apprécié l’adaptation de son roman, l’Amant, par Jean-Jacques Annaud. C’est pourquoi, elle le réécrit sous un œil cinématographique, ajoutant des notes au bas du texte, n’hésitant pas à donner des conseils au réalisateur pour préciser les mouvements de la caméra ou énumérant les images qui devraient ponctuer le film.

                Par rapport à son premier roman, Marguerite Duras apporte plus de détails dans L’Amant de la Chine du Nord. Elle s’attarde sur la rencontre avec le Chinois et la description de la main. Elle ne cache pas sa relation incestueuse avec son jeune frère, Paulo. On savait son attirance pour sa camarade, Hélène Langonelle, mais là, elle décrit une scène d’étreintes qui ne prête plus à confusion, lors de la danse passionnée d’un tango. On peut regretter les non-dits du précédent roman qui maintenaient une certaine ambiguïté dans les relations entre les personnages. Ces scènes moins épurées font disparaître quelque peu la magie qu’elles suscitaient. Plus sensuel, ce livre dit son goût pour l’amour physique, son attirance pour les prostituées et son expérience de toutes sortes de passions : amoureuse, filiale, incestueuse ou lesbienne. L’écriture devient vengeance contre l’injustice dont sa mère a été victime et pour laquelle elle montre une plus grande tendresse. Quant au pays qui l’a vu naître, Marguerite Duras l’évoque merveilleusement, ce Vietnam avec ses odeurs d’opium et de jasmin et son fleuve, Le Mékong, dont elle chante une fois de plus la beauté : «  A perte de vue, la platitude fabuleuse et soyeuse du Delta. »

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