Une fille qui danse, Julian Barnes

                 Dans la première partie de ce roman, le narrateur, qui a soixante ans au moment où il écrit, raconte sa jeunesse pour éclairer la seconde partie du livre. Il s’agit d’une période assez banale avec les années de lycée, le groupe d’amis, le premier flirt un peu sérieux. Deux épisodes semblent pourtant avoir marqué cette partie de la vie de Tony. D’abord, un week-end passé dans la famille de sa petite amie, Veronica, lui laisse un sentiment de malaise et d’amertume car il avait été traité en inférieur voire avec mépris sauf par la mère de Veronica qui semblait avoir un peu d’affection pour lui. Et puis, il y a eu le suicide de son ami, Adrian, à l’âge de vingt ans, qui venait d’épouser Veronica. Ensuite, le récit s’accélère et le narrateur évoque son mariage, la naissance de sa fille, son divorce, une carrière tout à fait honorable et enfin, une retraite paisible et active qui va être bousculée, dans la seconde partie du roman par l’arrivée imprévue d’une lettre lui annonçant un héritage pour le moins inattendu. La mère de Veronica, qu’il n’avait jamais revue, lui lègue une modeste somme et surtout le journal de son ami Adrian, que Veronica a tenu à conserver. Tony met tout en œuvre pour le récupérer en partant à la recherche de son ex girl-friend qui se montre très froide et pour le moins bizarre au cours de leurs rencontres. Est-ce la lettre pleine de fiel envoyée à Adrian après l’annonce de sa liaison avec Veronica qui la rend ainsi ? Il s’est pourtant excusé, même si les propos outranciers dictés par la jeunesse et par la jalousie le rongent de remords. En fait, c’est une vérité plus tragique qu’il va découvrir, qui explique le geste d’Adrian et qui fait écho à sa lettre prémonitoire.

                Ce roman n’est pas que l’histoire de Véronica et de Tony, c’est aussi une réflexion sur la vie, sur la vieillesse, sur les souvenirs enfouis qui finissent par resurgir, sur la mémoire vacillante, sur les destins qui se croisent et qui évoluent différemment. L’autre personnage important de ce livre, c’est le temps, le temps qui s’accélère, qui ralentit, qui déforme les souvenirs, qui revient sous forme de remords. La chanson des Rolling Stone, Time is on my side, revient comme un leitmotiv ainsi que cet aphorisme : « L’Histoire ce sont les mensonges des vainqueurs », corrigé plus loin par « Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus. »

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