Emily, Stewart O’Nan

                Après la mort de son mari, Emily, âgée de quatre-vingts ans, se retrouve seule avec son chien, Rufus, et sa belle-sœur qui lui tient compagnie de temps en temps. Tous trois vivent au ralenti et connaissent les mêmes douleurs physiques. Et pourtant, ils doivent composer avec ces désagréments. Souvent, le sommeil gagne Emily et elle a du mal à venir à bout de la liste de tâches qu’elle consigne sur un papier car sa mémoire commence à lui faire défaut. Elle essaie de perpétuer, dans sa famille les traditions auxquelles elle n’a jamais dérogé même si ses enfants et ses petits-enfants qui vivent à des kilomètres d’elle ont d’autres préoccupations et s’éloignent d’elle peu à peu. Parfois frustrée, parfois éprouvant un sentiment d’inutilité, elle donne quand même des conseils, qui ne sont pas suivis, à sa famille, qui comme toutes les familles a ses bons et ses mauvais élèves, ses couples qui marchent et ceux qui se désunissent. Elle regrette ses accrochages avec sa fille, mais, en philosophe douée d’une certaine sagesse, elle sait qu’ils font partie du cycle de la vie et qu’elle-même n’a pas épargné la tranquillité de sa mère. Elle revient sur son existence d’avant la vieillesse et essaie de faire un bilan. Il y a des regrets bien sûr, mais c’est une vie somme toute banale et bien remplie qu’elle a vécue. Et maintenant qu’elle attaque la dernière étape, elle s’organise, elle s’accroche à des petites besognes dont elle remplit ses journées et se donne ainsi l’impression d’avoir une vie débordante d’activités. Des enterrements meublent ses journées ainsi que des visites au cimetière. Le jardinage, quand le temps le permet, succède aux mots-croisés mais elle est aussi passionnée de musique classique et s’intéresse aux expositions de peinture où elle est encore capable d’émotion devant un tableau de Van Gogh. Elle suit les primaires des démocrates qui opposent Hillary Clinton et Barak Obama et exprime son opinion politique. Enfin, elle n’hésite pas à acheter une nouvelle voiture et à se remettre à la conduite après des années d’abandon.

                L’auteur excelle à rendre toutes les petites choses qui comblent une vie dépourvue d’intérêt maintenant qu’amis et conjoint ont disparu et que les descendants ne partagent plus les mêmes façons de vivre. Belle figure de vieille dame très digne qui mène chaque jour des combats pour être autonome et pour ne pas déranger ses enfants dont les visites sont sa plus grande joie et le but de sa lutte pour rester debout jusqu’à la fin du voyage.

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