Parfums, Philippe Claudel

                Cet abécédaire contient les différentes odeurs qui, comme la madeleine pour Proust, évoquent à Philippe Claudel son enfance et, de temps en temps, les souvenirs de l’adulte viennent prendre le relais de ceux du jeune garçon. Parfois l’auteur nous fait part de considérations légères, même si le parfum, lui, est violent. Ainsi, sous forme d’aphorisme, il évoque le munster : « Le respirer le condamne, le goûter l’amnistie. » D’autres fois, c’est l’odeur de la misère de toute une classe sociale qui apparaît à travers l’odeur du charbon ou celle du chou et qui s’imprégnait aux vêtements de l’élève mis à l’écart par ses camarades. On partage sa tristesse quand, après la mort de son père, dans la maison de son enfance et au milieu d’odeurs familières, il ne ressent plus rien. Ce sont des réflexions plus sérieuses sur l’impact de l’incarcération sur l’homme qui lui viennent à l’esprit quand il se rappelle le parfum des prisons : « Le parfum de la prison est un parfum courbé. »

                Dans ce jeu de correspondances, Philippe Claudel entraîne avec délice le lecteur qui, à la fin du livre, n’a plus qu’une envie, celle de partir à la recherche de ses parfums intimes.

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