Je vais mieux, David Foenkinos

            Un mal de dos aussi soudain que douloureux bouleverse la vie paisible, bien rôdée et sans aspérités du narrateur. C’est d’abord l’affolement. La peur d’être atteint d’une grave maladie l’obsède et l’amène à consulter médecins, ostéopathes, magnétiseurs, ou autres psychologues. Mais, en fait, cette maladie, sans nul doute psychosomatique, lui sert de révélateur et lui fait prendre conscience qu’il a trop longtemps subi son environnement et qu’il s’est toujours complu dans son rôle de victime. Du jour au lendemain, tout va basculer. Au travail, stimulé par la douleur et dans un accès de rage, il agresse son collègue qui l’a toujours humilié sans qu’il réagisse. Il affronte son père qui se complaisait à le rabaisser dès qu’ils passaient un moment ensemble. Il finit par accepter le compagnon de sa fille qui a dix ans de plus qu’elle et qu’il refusait de rencontrer. Enfin, il considère son divorce, demandé par sa femme, comme une libération et reconnaît que son couple ronronnait depuis le départ des enfants. Il prend de l’assurance et ne veut plus vivre dans la compromission en évitant les conflits, comme il l’a fait pendant de trop nombreuses années.

            Jusque-là, et même si le début du roman était un peu laborieux car le mal de dos et la compassion du héros pour son état prenaient un peu trop de place, les changements qui s’opèrent dans son existence restent crédibles. Mais, quand le narrateur tente de se reconstruire et que l’imprévu fait partie de son quotidien, les invraisemblances deviennent difficilement acceptables. Tout était noir, tout devient rose. Un héritage tombe à pic pour régler ses problèmes financiers, le propriétaire de l’hôtel dans lequel il est allé se réfugier a justement besoin de lui pour le rénover, et son nouvel amour est décoratrice d’intérieur, quelle aubaine pour un architecte qui remet à neuf un établissement ! Que dire de la patiente omnisciente qui, rien qu’en le regardant dans la salle d’attente de la magnétiseuse, lui déroule les derniers événements de sa vie et lit même dans ses pensées ?

            C’est malgré tout un livre agréable qui se lit facilement grâce, certainement, à l’humour de l’auteur qui décrit avec justesse cette maladie du siècle dont tout le monde a plus ou moins connu les effets.

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