La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker

                  Après être devenu un écrivain vedette, Marcus Goldman connaît le syndrome de la page blanche. Pour essayer de sortir de cette impasse, il renoue avec son ancien professeur et maître, Harry Quebert, qui l’a bousculé pour qu’il devienne un grand écrivain. Mais, tout à coup, tout s’accélère. Il apprend que son ami, Harry, a été amoureux, à trente-quatre ans, d’une jeune fille de quinze ans, Nora, qui avait disparu, il y a quelques trente ans, et dont on vient de retrouver le squelette dans le jardin du professeur. Ne pouvant croire à sa culpabilité, Marcus décide d’enquêter sur ce drame et, pour cela, il s’installe à Aurora, petite ville du New Hampshire, dans la maison d’Harry, alors que celui-ci, que tout accuse, est enfermé en prison.

                On passe du présent  au passé, avec des retours en arrière qui permettent à l’écrivain de dénouer peu à peu les événements qui ont eu lieu autour du meurtre. Il leur donne un sens en trouvant une explication à toutes les énigmes qui n’avaient pas été résolues et les différentes pièces de l’histoire s’assemblent, sous nos yeux, comme pour un puzzle. Il n’y a pas de temps mort. L’enquête est bien menée et c’est avec habileté que l’écrivain nous entraîne dans ses méandres,  en nous faisant partager les certitudes inexactes de son héros, comme, par exemple, son assurance que la mère de Nola est toujours en vie.

                La structure du livre est elle aussi intéressante : chaque chapitre du livre est ponctué d’un conseil d’Harry à l’écrivain que Marcus, en bon élève, met tout de suite en pratique.
« Le premier chapitre est essentiel. Si les lecteurs ne l’aiment pas, ils ne liront pas le reste de votre livre. »
« Les mots sont à tout le monde, jusqu’à ce que vous prouviez que vous êtes capable de vous les approprier. »
« Le dernier chapitre d’un livre, Marcus, doit toujours être le plus beau. »
« Un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé. »

                Ce thriller est une critique de la société contemporaine où il est nécessaire d’occuper l’espace médiatique à un moment propice si l’on veut connaître la gloire. L’auteur met l’accent sur le rôle primordial de la communication aussi bien pour l’écrivain et l’éditeur, qui doivent faire la publicité de leur produit, que pour les avocats qui voient leurs honoraires augmenter à chaque passage à la télévision. « Les journaux, peu importe ce que vous y dites, l’important est d’y être », dit l’avocat d’Harry Quebert. Le monde de l’édition est particulièrement visé et l’on voit l’éditeur de Marcus Goldman lui proposer des écrivains fantômes, autrement dit des nègres, pour tenir les délais de publication. Joël Dicker fait aussi la satire des petites villes des Etats-Unis où les jalousies et les hypocrisies gangrènent le quotidien.

                La faiblesse de ce roman se situe au niveau des personnages qui sont souvent traités de façon caricaturale. C’est le cas pour la mère de Marcus, excessive dans son rôle de mère possessive ou de la mère de Jenny qui ne vit que dans le paraître. Que dire des déclarations d’amour d’Harry et Nola qui sont d’une puérilité et d’une pauvreté indignes d’un écrivain ?

                Mis à part ces quelques défauts, il faut reconnaître que l’auteur réussit le tour de force de nous tenir en haleine tout au long de ces six cent pages qui maintiennent le suspense jusqu’au bout.

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