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Archives pour janvier 2013

L’équation africaine, Yasmina Khadra

               Furt Krausmann, médecin généraliste à Francfort mène une vie « aseptisée, chronométrée, réglée comme du papier à musique » quand, un jour, tout s’écroule avec le suicide de sa femme. Son meilleur ami, Hans, un industriel richissime qui a traversé les mêmes épreuves, lui propose de l’accompagner sur son bateau pour aller construire un hôpital aux Comores. Ils partent donc, mais, au large de la Somalie, ils se font kidnapper par des pirates et, dès lors, l’enfer commence pour eux.

                C’est la survie des otages aux mains de ravisseurs dépourvus de toute humanité et dans un univers hostile que Yasmina Khadra nous raconte dans ce livre : l’infâme bouillie qui leur tient lieu de nourriture, leur couche insalubre parmi les bêtes les plus dangereuses, les tortures morales et physiques qu’ils subissent quand ils chatouillent la susceptibilité de leurs geôliers, le désert, cet ennemi encore plus redoutable.

                 Kurt entrevoit un monde qu’il n’imaginait pas et en arrive à regretter les gestes les plus insignifiants de sa vie en Allemagne. Tout d’abord, il découvre que les terroristes, qui se révèlent d’une cruauté bestiale, peuvent être aussi des lettrés comme leur chef, Joma, qui non seulement cite ses auteurs préférés, Shakespeare, Neruda, Byron ou Rabelais, mais est également un poète engagé d’une sensibilité à fleur de peau. Ensuite, Kurt s’aperçoit que, même dans un monde en apparence complètement déshumanisé, il y a toujours une place pour des sentiments humains. L’amitié d’abord qu’il éprouve pour Bruno, un français otage comme lui et qui va partager ses épreuves. Le dévouement des humanitaires auxquels il rend hommage et qui défient, tous les jours, la mort en essayant de sauver les rescapés des razzias. Enfin et surtout, il se retrouve dans un face à face brutal avec la souffrance des Africains et la violence qu’ils subissent quotidiennement. « Je ne vois que des débris humains charriant dans leur sillage l’ironie du sort qui les a épargnés. » C’est un monde insoutenable, « un monde où les dieux sans miséricorde n’ont plus de peau aux doigts à force de s’en laver les mains. »

                  Bien sûr, on ne sort pas indemne d’une telle aventure et quand Kurt revient à Francfort, c’est un homme nouveau qui parcourt sa ville et son pays. Il a fait le deuil de sa femme et désormais, il ne peut plus vivre sa petite vie confortable de médecin généraliste privilégié.

                 Encore une fois, Yasmina Khadra, en nous entraînant dans un monde dur où la violence et la misère cohabitent, nous donne une leçon d’humanité. Il nous fait aimer cette Afrique où règnent, c’est vrai, la corruption et l’indiscipline mais où la générosité, la fraternité et la soif de vivre des Africains éprouvés devraient servir d’exemple à notre vie douillette d’occidentaux gâtés.

                 Un bémol toutefois pour l’expression parfois ampoulée, pour quelques invraisemblances notamment le style d’un des pirates, Blackmoon, qui parle comme un professeur de lettres et pour le dénouement et l’histoire d’amour finale qui sont assez convenus.

Ici ça va, Thomas Vinau

                « Ici ça va ». Ainsi commence ce petit livre comme une lettre que le narrateur enverrait à quelqu’un pour le rassurer sur son état. Et, effectivement, il nous démontre tout au long de ce texte sa bonne santé même s’il doit faire des efforts pour la conserver.

                Le sujet de l’histoire : Ema et son compagnon fuient une vie urbaine agitée pour se réfugier à la campagne où ils rénovent une maison que lui a habitée dans son enfance. En même temps qu’il débroussaille son jardin, il met de l’ordre dans ses souvenirs. Il se répare en même temps que la maison. Il redécouvre petit à petit un passé qu’il avait occulté après le drame de la mort de son père. Une odeur, un goût, un geste, une sensation viennent lui rappeler son enfance et vont lui servir de tremplin pour redémarrer avec de nouveaux repères. Quand il ouvre le vieux coffre du grenier, il est envahi par l’émotion : « Mêmes remugles de moisi et de tendresse. De poussière et d’enfance. »

                L’auteur sait trouver les mots justes pour évoquer cette double reconstruction de la maison et du héros lui-même. Les phrases brèves, sans verbes donnent un style saccadé, hésitant qui correspond bien à la convalescence d’un héros blessé cherchant une nouvelle voie dans sa vie. « Le monde que nous voulons un monde neuf, sauvage, hirsute et tendre. Un refuge qui ne serve à rien. Comme nous. » Avec peu de mots, Thomas Vinau raconte une histoire d’amour entre Ema et le narrateur marqué par le passé tragique qui hante la maison et la renaissance qu’il est en train de vivre dans un coin tranquille de campagne auprès des gens simples qui l’habitent. Ils vivent au rythme des saisons, réapprennent à suivre « les cycles de la terre et du ciel. » Lui bricole « la vie en kit » qui lui était proposée et, à la fin du livre, il est prêt à affronter l’avenir même s’il ne sait pas ce qu’il va y trouver, mais ce qu’il sait, c’est qu’il a « agrandi(t) la fenêtre ».

                Thomas Vinau appartient à la lignée d’écrivains qui s’attachent à donner un sens aux choses insignifiantes. Pas de mièvrerie de sa part car il donne une autre dimension à son texte en introduisant cette notion de reconstruction volontaire et parfois hésitante. Il nous offre des pages de poésie. Comme par exemple quand il évoque l’avenir : « Nous nous sommes endormis comme ça. Bien au chaud dans nos projets. Avec demain comme couverture. » Ou bien dans les propos volontaires d’Ema : « J’ai la force des petits matins. » Ou bien encore quand le narrateur se compare au héron rencontré au hasard d’une promenade : « Le soir en le décrivant à Ema, boueux, gris, d’une grâce légèrement mal foutue, avec son œil qui me toisait de biais, j’y ai trouvé une certaine analogie avec ma silhouette bancale. » Ce petit livre est comme une pause délicate dans notre monde de violence.

Le sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari

              Au centre de cette histoire, qui se passe dans un village corse, il y a le bar de Marie-Angèle qui, après la disparition mystérieuse de sa serveuse, va passer entre les mains de repreneurs successifs, jusqu’à la reprise finale par Matthieu et Libero, les deux amis d’enfance. C’est en démiurges qu’ils vont créer un univers harmonieux où le nouveau départ du bar va redonner vie au village et où tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, certaines fissures apparaissent dans cette construction et c’est la sœur de Matthieu, la lumineuse Aurélie, figure d’intelligence et de liberté, qui va en souligner les manifestations. D’abord, Matthieu et Libero abandonnent leurs études de philosophie à Paris qu’ils jugent trop confinées dans l’abstraction pour vivre un quotidien plus concret mais non dénué de vulgarité. Aurélie méprise cette nouvelle vie de Matthieu « sans envergure et sans intérêt ». Matthieu et Libero se rendent compte rapidement qu’ils ne peuvent éviter certaines compromissions. A côté des produits de qualité qu’ils offrent à leurs clients, ils leur proposent aussi des marchandises moins recommandables, sans éprouver le moindre scrupule. Pour protéger leur « monde parfait, un pays béni, ruisselant de lait et de miel », il leur semble légitime de s’armer d’un pistolet. Aurélie désapprouve. Matthieu a perdu le sens des priorités et se montre peu empressé de se rendre au chevet de son père. Aurélie le sermonne. Aurélie ne supporte pas la passivité maladive de son frère qui se complaît dans son milieu médiocre et adopte, sans les contester les décisions de Libero. Mais, ce monde que les deux jeunes gens ont bâti sans se soucier de la responsabilité qu’ils avaient sur leur entourage part vite en déliquescence et une série de catastrophes, mettant en danger ses fragiles fondations, annonce la tragédie finale qui contraint les deux gérants à abandonner le débit de boissons.

                Parallèlement à cet écroulement, nous assistons à la disparition du monde d’avant les guerres d’Algérie, d’Indochine, d’avant la colonisation ou d’avant l’effondrement de l’empire colonial à laquelle Marcel, le grand-père de Matthieu, et ses contemporains ont contribué. Cette partie, qui s’entrecroise tout naturellement avec l’autre histoire du livre, nous vaut des passages savoureux sur le temps des colonies où les Français se targuaient de civiliser les pays d’Afrique tout en méprisant et maltraitant leurs habitants : « celui qui fuyait sa misère ne pouvait rien espérer d’autre que d’exercer son pouvoir inutile sur des hommes plus misérables que lui, comme le faisait maintenant Marcel, avec l’acharnement impitoyable de ceux qui ont connu la misère et n’en supporte plus le spectacle écœurant, et ne cessent d’en tirer vengeance dans la chair de ceux qui leur ressemblent trop. » C’est le même aveuglement qui habite Marcel et son petit-fils, à des niveaux différents.

                A la fin, le sermon sur la chute de Rome prononcé par Saint-Augustin vient éclairer la leçon de ce roman. Dieu n’a promis l’éternité qu’à l’âme des chrétiens et non aux choses de ce monde construites par l’homme et qui sont destinées à périr. Le message de Saint-Augustin est clair : « le monde est comme l’homme : il naît, il grandit, il meurt. »

                Ce roman est l’histoire d’une famille peu banale avec des personnalités bien marquées, mais c’est aussi une réflexion intéressante sur la fragilité et la reconstruction des mondes nouveaux. Le début paraît un peu confus car beaucoup de personnages sont mis en présence et on a parfois du mal à voir le lien qui les unit. D’autre part, de nombreux retours en arrière entravent la linéarité du récit. Mais, tout se met en place petit à petit, grâce à l’habileté de l’auteur qui n’hésite pas à resituer les personnages dans l’ensemble pour améliorer la compréhension.

                Sa syntaxe particulière peut être aussi déroutante au départ et pourtant ses phrases longues et l’absence de paragraphes contribuent à donner un certain rythme au texte et à coller parfaitement aux idées énoncées. Ainsi, l’auteur n’a besoin que d’une phrase, qui couvre malgré tout une page et demie, pour laisser libre cours à la colère d’Aurélie quand son frère lui annonce qu’il ne se rendra pas auprès de son père malade, une seule phrase dans laquelle s’écoule un flot intarissable de reproches.

                Bref, ce roman n’est pas facile d’accès, mais très vite on se laisse emporté par l’écriture limpide de Jérôme Ferrari qui a su traiter de façon originale la chute des civilisations et de tout ce que l’homme construit.

La lettre perdue, Martin Hirsch

                Ce livre raconte l’itinéraire de Martin Hirsch depuis son enfance jusqu’à son engagement bien connu. Bon élève au lycée puis externe en médecine incapable d’établir un diagnostic, il intègre Emmaüs pour l’amour d’une jeune fille, se retrouve à la tête de cette association catholique alors qu’il n’a pas la foi, puis obtient un poste dans le gouvernement de Sarkozy après avoir adhéré pendant un certain temps au parti socialiste. Il nous révèle comment, sur le tas, il apprend la pauvreté, la misère, la nécessité de la sécurité Sociale pour ceux qui n’ont pas d’argent. Pratiquant l’alpinisme avec son père, il compare l’engagement à ce sport exigeant : « Dans l’engagement, il y a la période de risque, la mise en déséquilibre, le dépassement de soi, la participation à un projet collectif, la solidarisation avec une communauté, l’aspiration par le haut, la poursuite d’un idéal, l’envie de transformation. »

                Dans ce récit qui est un va-et-vient entre sa jeunesse et sa vie publique, Martin Hirsch nous donne, par son exemple, une belle leçon d’engagement et nous incite à agir, à notre humble niveau et de n’importe quelle façon en refusant l’indifférence. Homme de conviction qui ne voit que des avantages à faire de l’Europe un grand pays, c’est aussi un homme de caractère, ce qui le conduit à l’Ecole Normale Supérieure et à l’ENA. Mais cet homme d’action n’en est pas moins un artiste puisque, mélomane et jouant lui-même du violoncelle, il nous fait partager ses goûts musicaux en nous proposant une véritable discographie, au détour des pages de son livre.

                Quel bel hommage à son père, créateur de la ville de Cergy-Pontoise et qui dans une lettre, un moment égarée lors de son déménagement du gouvernement, le met en garde contre la suffisance que ses hautes fonctions pourraient l’amener à connaître ! Il ne peut qu’être rassuré car la vie riche et dédiée aux autres que s’emploie à mener son fils prouve qu’il a su échapper à ce piège.

Prisonnier au berceau, Christian Bobin

               Dans ce petit livre, Christian Bobin veut réhabiliter la ville du Creusot où il est né, où il habite encore et qui n’attire personne car elle ne propose rien de particulier. Pourtant, l’auteur y connaît une vie intense, dès l’enfance, avec la compagnie des livres et le spectacle de la nature qui s’offre à lui par la fenêtre de sa chambre. Il s’émerveille devant les petites choses de la campagne : le frémissement des feuilles d’un arbre, la dentelle du givre qui couvre la nature l’hiver, le chant d’un oiseau qui annonce le printemps. Cet hommage à la terre nous vaut de belles phrases souvent empreintes de poésie. « La sainteté m’a souvent intéressé jusqu’à ce que je trouve mieux qu’elle : la vie de chaque jour, la simple vie sans prestige, fatiguée et ravaudée par endroits, comme un drap de coton un peu lourd qui a beaucoup servi, avec des initiales brodées de rouge. »

                Mais cette vie ne fait pas envie car elle propose un monde étriqué avec bien peu d’ouverture sur les autres. Les papillons, les fleurs, les nuages et les petits oiseaux ne suffisent pas et on peut reprocher au poète d’être bien peu engagé dans le monde.

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

               Après le suicide de sa mère, Delphine de Vigan écrit ce roman pour tenter de comprendre son geste en se plongeant dans son passé. Pour ce récit autobiographique, l’auteur va s’appuyer sur ses souvenirs, les témoignages des membres de sa famille et les divers documents administratifs ou épistolaires qui peuvent éclairer la vie pour le moins compliquée de Lucile. Deuxième fille d’une fratrie de neuf enfants, Lucile appartient à une famille où les drames se succèdent mais dont les parents, Liane et Georges, semblent des piliers solides sur lesquels tout le monde peut compter. Pourtant, tout cela n’est qu’apparence et l’auteur le découvre petit à petit en fouillant dans les couches de sédiments qui se sont déposés années après années dans le petit monde des Poirier.

                Beaucoup de malheurs frappent cette famille : suicides, handicap, folie, inceste, drogue, anorexie, maladies. Trop de malheurs qui font que le lecteur attend toujours le pire. Même si ce livre se lit facilement et si une sorte de suspense tient le lecteur en haleine, on a du mal à être ému par cette histoire qui est traitée comme une thérapie par l’auteur mais sans grande originalité. Delphine de Vigan donne son point de vue sur le mal-être de sa mère, ce qui intéressera surtout les membres de sa famille.

Bouche cousue, Mazarine Pingeot

               Dans ce récit, on retrouve la chroniqueuse simple, timide et un peu empruntée qui semble gênée de se retrouver sur un plateau de télévision avec tout le passé qui lui colle à la peau. Et même si elle insiste deux fois sur son manteau élimé, c’est avec modestie qu’elle parle de son enfance et de sa jeunesse discrètes loin des fastes de l’Elysée.

                Au début du livre, elle s’adresse à l’enfant qu’elle n’a pas encore conçu pour le délester d’une généalogie qu’elle-même a du mal à s’approprier. Elle lui raconte tous ces instants avec son père où elle devait se cacher et nier une partie de son identité même à ceux qui vivaient dans son plus proche entourage. D’où des moments de solitude et une vie différente de celle des autres enfants qui ne venaient jamais chez elle pour ne pas découvrir la vérité. Pourtant, même si la normalité ne faisait pas partie de son quotidien qui était dur à supporter, Mazarine Pingeot garde la nostalgie de cette époque où elle était entourée de l’amour de ses parents. Tout aussi difficile à assumer la révélation par Paris-Match de son existence et elle découvre qu’il n’est pas plus aisé de vivre au grand jour. Elle dit sa souffrance quand elle entend ou qu’elle lit les commentaires peu élogieux sur son père. Mais elle est consciente qu’elle doit les accepter car c’est le lot de tout homme public.

                Le passage qu’elle consacre à la perte de son enfant au quatrième mois de sa grossesse est très émouvant. Ce deuil est doublement douloureux puisque Paris-Match avait annoncé la prochaine naissance.
 
                Malgré un style heurté, elliptique qui rend parfois le sens un peu confus, ce texte est intéressant d’abord à cause du destin hors du commun de cette fille cachée du président de la République Française, mais aussi parce qu’on découvre un aspect du chef de l’Etat inconnu pour la plupart d’entre nous. Et pourtant, la connaissance de cette double vie semble tout à fait légitime puisqu’elle appartient à notre histoire commune.

La marque de Winfield, Ken Follett

            Au début du roman, la scène se passe au collège de Winfield où quelques élèves désobéissants sont allés se baigner dans un lac environnant. L’un d’entre eux se noie dans des conditions assez étranges et une série de circonstances va faire que l’enquête sera laissée un peu de côté. Pourtant, c’est sur cet événement que Ken Follett décline son histoire et cette énigme va hanter la vie des personnages principaux, les quelques « amis » qui vont se retrouver à Londres à l’âge adulte.

           Sur fond d’une Angleterre victorienne où, dans les milieux d’argent, les manipulateurs manoeuvrent pour conserver le pouvoir et où le paraître seul a du sens, l’auteur nous transporte dans une intrigue époustouflante qui concerne Edward, l’héritier d’une grande banque, Hugh, le cousin pauvre et rejeté et Micky, fils d’un riche Sud-Américain aux agissements douteux. Avec eux, Ken Follett nous entraîne aussi dans les quartiers plus glauques mais peut-être plus humains des prostituées et des ouvriers.

            De rebondissement en rebondissement, le romancier tient le lecteur en haleine du début du livre jusqu’aux dernières pages. C’est en effet tout à la fin qu’on savoure la vengeance qu’enfin subit le personnage le plus machiavélique de cette histoire.

A ce soir, Laure ADLER

                Dix-sept ans après la mort de son enfant, Laure Adler revit cruellement cet événement qu’elle décide de transformer en roman, geste thérapeutique qui lui permettra, peut-être, d’exorciser ce passé cruel ou tout au moins de mieux vivre avec.

                Elle raconte au jour le jour l’évolution de la maladie du bébé et surtout ses propres réactions devant l’inconcevable. C’est d’abord l’incompréhension, le refus de la réalité, puis les moments d’espoir, puis ceux de désespoir où elle avoue, honteuse, comment une femme aussi cartésienne qu’elle fait appel aux voyants et marabouts les moins dignes de confiance, pour essayer d’infléchir la courbe du destin.

                 Ce livre, d’où se dégage une intense émotion, n’est pas une lamentation. C’est un cri de souffrance que l’auteur nous laisse entendre dans un style sec, heurté, brutal comme le drame qui frappe tout d’un coup cette mère éperdue de douleur.



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