Les saisons de la nuit, Colum McCann

           C’est en plein centre de New York que vit Treefrog, le SDF qui mange dans un enjoliveur de voiture, qui fait fondre la neige pour préparer ses repas, qui joue à la balle tous les matins pour se réchauffer. C’est aussi le New York de Nathan Walker, un terrassier qui creuse un tunnel sous l’East River dans des conditions extrêmes et inhumaines et qui  incarne une belle figure d’homme sachant rester digne malgré les épreuves et les drames que la vie lui inflige à travers ses proches. Dangereux aussi le travail de ces bâtisseurs des gratte-ciel qui défient le vertige en marchant à des centaines de mètres au-dessus de la ville.

           Ce livre est le récit de la déchéance où les ouvriers honnêtes et travailleurs soit meurent victimes d’un accident en exécutant un travail trop périlleux, soit, quand on n’a plus besoin d’eux, perdent leur emploi complètement usés et perclus de rhumatismes qu’ils ne peuvent soigner faute d’argent. Colum McCann raconte aussi le racisme qui tue aveuglément sans chercher à comprendre, qui fait qu’une femme a honte de ses enfants métis et qui disparaît seulement sous terre là où le travail est tellement dur que tous les hommes deviennent égaux.

           Jim Harrison dit de ce roman : « Je n’ai pas le souvenir qu’un auteur de la génération de McCann m’ait aussi profondément remué. » Et il a raison, c’est un roman bouleversant où la violence de la vie est décrite avec un tel réalisme et une telle force qu’elle est à la limite du soutenable. Même si le dernier mot du livre est : « résurrection », on peut se demander si une reconstruction reste encore possible dans un monde aussi noir.

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